4 Jan

2012

émeraude facettée ronde avec chaîne en or
 

Émeraude, pierre de féminité et joyau mystérieux

Je ne vous l’avais peut-être jamais confié, mais je suis une passionnée de pierres et de géologie. Cette pierre m’a été offerte par mon frère, car l’émeraude est ma pierre de naissance. L’émeraude est la plus précieuse des gemmes appartenant à la famille des Béryls.

Chaque pierre possède une identité propre, et j’ai toute une collection de pierres précieuses, semi-précieuses, cailloux, galets et autres raretés en ma possession. Il me semble avoir hérité cette passion de mon paternel, car j’ai toujours eu une grande fascination depuis ma tendre enfance, pour son immense collection de minéraux .

J’observe souvent les pierres, j’en ai toujours à portée de vue  : comme gri-gris dans mon sac à main, dans mes poches, sur mon bureau, en bijoux, sur le rebord de la baignoire…

Tel le petit poucet, je laisse dernière moi une trainée de petit cailloux blancs qui signifient mon passage. Etranges rituels, mais qui pour moi ressemblent fort à suivre le fil d’Ariane dans un monde où mon esprit souvent se perd dans de tortueux labyrinthes.

Je ne me lasse jamais de les regarder ou de les toucher, car elles m’apaisent et m’inspirent par leurs couleurs, leurs matières, leur singularités, leur compositions chimiques ou leurs symbolismes.

 

Symbolisme de l’émeraude : la dualité manifestée

On l’appelle la “ rosée de Mai “. L‘émeraude  nous envoûte de sa couleur si magnifiquement verte;
elle nous emmène flotter sur les ondes de sa substance aqueuse pour nous en faire découvrir son intime profondeur. Son éclat printannier s’oppose aux manifestations hivernales, mais aussi au saphyr. L’émeraude se veut symbole de vie manifestée, sève vivifiante du végétal enraciné à la terre. Elle est le renouveau, la fertilité et l’immortalité.

Les spécialistes voient même dans ses inclusions (imperfections qui lui donnent son caractère unique), se dessiner des herbes folles et une floraison de possibilité : “un jardin” que son propriétaire saura cultiver et décrypter.

On l’appelle aussi  Pierre d’Hermès, le messager des dieux. Les alchimistes considéraient l’émeraude comme la pierre de la connaissance secrète, capable de pouvoir régénérant. Elle a toujours été une pierre appréciée dans l’univers ésotérique en tant que pierre de pouvoir.

Vapeur mercurielle s’évadant dans les airs, elle est un élément de choix chez les savants de l’hermétisme…on a aussi parlé des Tables d’Émeraude, comme renfermant le “Secret de la Création des Êtres” et “La Science des causes de toutes choses“…

N’est ce pas envoûtant?

Au Moyen-Age, l’émeraude avait par ailleurs un fort lien avec la sorcellerie : on lui conférait de grands pouvoirs bénéfiques comme maléfiques. En effet, les traditions hermétiques racontent que ce joyau sacré est tombé, en se détachant du front de Lucifer, l’ange déchu.

Lucifer vient du latin lux, lucis : lumière, et ferre : porter; Se dit de “celui qui porte la lumière en lui“.

C’est la raison pour laquelle on a cru dans les temps anciens que cette pierre avait le pouvoir de transpercer l’obscurité , mais de part sa relation avec Lucifer, le rebel et l’ennemi du divin, cette pierre fut aussi crainte,  car assimilée avec la face obscure de l’être.

Certains pensent qu’elle peut être destructrice et terrifiante si l’individu qui use de son pouvoir est mal intentionné…Parallèlement elle est affiliée à Venus et est aussi la pierre représentative du Pape de Rome. Les textes sacrés parlent dans leurs récits que le Saint Graal aurait été constitué de cette pierre.

On dit donc de la pierre d’émeraude qu’elle est très ambivalente, car capable de renfermer les forces de création comme de destruction en son sein.

Ailleurs qu’en europe, elle a été très appréciée par les Aztèques, mais aussi par les Indiens, qui l’utilisaient comme un puissant talisman. En Egypte antique, les pharaons pensaient que ce joyau était le coeur immortel des divinités/ défunts. Cléopâtre aimait particulièrement les bijoux ornés d’émeraudes.

 

L’émeraude et la fille de mai…qui boudait l’hiver

Toute ma vie, j’ai été attachée fortement aux symbolismes, aux petits signes de la vie, un peu comme par magie ou par enchantement.

Au Japon les gens restent malgré un certains détachement face aux religions, assez superstitieux. Je pense que c’est une facette que j’aime dans la culture japonaise et qui est encrée en moi de façon assez spéciale. C’est une des raisons pour laquelle j’accorde beaucoup d’importance à la signification de toutes choses que l’on trouve dans la nature, à la méditation ou à l’appréciation du wabi-sabi.

Ce qui n’est pas du domaine du visible peut enrichir le moi profond, à partir du moment où on fait un travail sur sa propre spiritualité.

Loin des dogmes pourtant, il semblerait que j’enboîte le pas, de façon lunaire, dans un univers fantastique. Je suppose que l’âmes de mes innombrables ancêtres doivent être entrain de rire par dessus mon épaule en cet instant.

Cette pierre d’émeraude, je la porte donc comme un talisman. On appelle cela un omamori en japonais. J’aime à penser qu’il me protège de toutes énergies néfastes…mais je reste l’amie des yôkai (bestiaires imaginaires, monstres et fantômes japonais)

…un peu comme dans cette fabuleuse parade de créatures étranges que l’on voit dans le film d’animation Le Voyage de Chihiro, de Miyazaki. L’avez-vous vue?

Tout ça pour vous dire que je suis autant attirée par la lumière que par ce qui se cache dans le fond des ténèbres.

Et heureusement que nous ne sommes plus au Moyen-Age en France, car à coup sûr, si j’étais née à l’époque, les inquisiteurs m’auraient traquée pour sorcellerie!…

…ils m’auraient repérée avec le joyau de lumière verte au cou! ^^

 

émeraude pierre taillée facettée

Bijou crée par Friedasophie. Je remercie l’adorable blogueuse Lili & Garnet de m’avoir fait découvrir cette artisante qui fait de si jolies créations!

 

Vocabulaire japonais du jour

La pierre : Ishi
L’émeraude : Emerarudo (de l’anglais: Emerald)
La couleur verte : Midori iro
La magie / la sorcellerie : Mahô
La sorcière : Majo
Un pouvoir mystérieux : Fushigi na chikara

 

J’ai aimé vous parler de légendes anciennes, de symbolisme des pierres et d’histoires abracadabrantes. Tout ce qui a trait au mystère me fascine!
Et vous, quelle est votre pierre favorite?

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31 Dec

2011

bow hair kimono style with kanzashi

 

Furisode, le kimono aux manches longues

Afin de clôturer 2011 en beauté, j’ai envie de vous montrer la première séries d’un projet de shooting en kimono qui me tient à coeur depuis longtemps : l’archivage photo du trésor familial.

Les kimono au Japon sont transmis comme le veut la tradition de mères en filles. Et c’est cette passion et tout l’amour que je porte à la délicatesse de l’artisanat japonais, à la confection de kimono, que j’ai envie de partager à travers ce billet.

Le furisode est la tenue la plus noble et la plus raffinée parmi tous les types de Kimono. Celui ci a des manches moyennes; c’est donc un chû-furisode. Il est porté par les très jeunes filles ou les femmes non mariées. Le jour d’un mariage, la mariée japonaise en tenue traditionnelle portera généralement un ô-furisode (furisode aux manches très longues) de couleurs noires (kuro-furisode) et agrémenté de couleurs et de motifs chatoyants.

Ce kimono avait été mis en pièce parce que relativement vieux. Il date des années 60 et a appartenu d’abord à ma tante, puis à ma mère, qui l’ont toutes deux porté le jour du seijin-shiki (cérémonie officielle de la majorité).  C’est le seul furisode qui soit “en état” actuellement. Lorsque j’ai annoncé mon envie de porter le furisode, ma mère l’a entièrement recousu à la main. Il ne peut être cousu autrement. Je la remercierai jamais assez d’avoir tant travaillé pour rendre vie à cette pièce. Coudre un kimono de valeur à la machine à coudre est un sacrilège qui n’est jamais permis dans la tradition. Ceci serait un manque de respect total envers l’étoffe confectionnée par l’artisan teinturier.

Au pied je porte des zôri avec des tabi blancs. C’est la seule couleur formelle lors du port du furisode. Il ne faut pas confondre les zôri avec des geta que l’on porte en été avec le yukata. Ici, ce sont des chaussures traditionnelles faites en laque précieuse. La partie en tissu fleuri se dit hanao. Il peut être uni comme comporter des motifs.

Le petit sac à main est un vrai petit bijou scintillant de perles argentées réalisé à la main lui aussi. Encore une fois, on retrouve discrètement en ton sur ton les motifs floraux. Cet objet est lui aussi un vintage familial des années 60. Je pourrai facilement le porter avec une tenue occidentale. Je le trouve très beau et je l’aime beaucoup.

 

bord de seine en hiver

kimono furisode

zôri et tabi pour tenue de kimono

 

Motif et teinture sur soie du furisode : le style kyô-yûzen

Le furisode que je porte a été entièrement teint à la main, technique dit du tegaki-zome. Kyô-Yûzen fait parti d’un des styles de teinture sur soie les plus prisés au monde. Kyô signifie qu’il a été réalisé à Kyôto. Un des premiers à avoir pratiqué cet art se nommeYûzensai Miyazaki dès l’époque Genroku (1688 -1704). Il était un artisan issu de Higashiyama, à Kyôto.

Le tegaki-yûzen est un art sublimissime, où l’utilisation de l’eau a toute son importance pour trouver les bons mélanges afin de nuancer les dégradés de couleurs. C’est une technique extrêmement difficile à maîtriser, car elle comprend 26 étapes dont seuls les maîtres artisans ont le secret. Cet art prend un temps considérable à réaliser jusqu’à la finition parfaite en teinture de l’étoffe de soie. Ceci est la garantie que chaque pièce est unique. On retrouve toutes sortes de motifs inspirés de la nature, que l’on choisi naturellement de porter pour aller de paire avec les saisons adaptées.

A l’époque où ce kimono a été réalisé, les teintures préprogrammées avec des techniques simplifiées de pochoirs n’existaient pas encore. Il est évident que la beauté d’une étoffe teinte uniquement à la main est inégalable à toutes autres techniques. C’est un art qui demande patience, minutie et talent.

 

kanzashi en laque motif papillons

ribbon hair with kanzashi kimono style

 

Une coiffure adaptée au kimono : le noeud de cheveux

Cela va peut-être vous surprendre, mais c’est ma maman qui en a eu l’idée : et si on te faisait un noeud de cheveux? Cette coiffure est devenue très populaire grâce à Lady Gaga. On l’appelle aussi communément ribbon hair ou bow hair. Mais en réalité, au Japon, certaines idols kawaii l’avaient déjà adopté avant la reine de la pop.Nous nous sommes dit que c’était un bon compromis entre le traditionnel et le moderne : casser un peu une silhouette formelle avec un brin de fantaisie actuelle. J’ai aimé l’idée de faire évoluer la coiffure de la femme japonaise sans se brider avec les traditions seules du passé. Savoir intégrer un souffle de notre époque, tout en douceur…

Une fois accompagné de 2 kanzashi en laques noire sur le devant et sur l’arrière de la tête, le noeud de cheveux semble parfaitement adapté et pas si extravagant que ce que l’on aurait imaginé de prime abord. En réalité, selon le type de tenue, cela peut rendre aussi très mignon et sage.

Par contre c’est une vraie galère pour parvenir à faire cette coiffure: pas si simple que ça en a l’air!

 

kimono furisode

kimono furisode

kimono furisode

bord de seine en hiver

kimono furisode vu de dos: obi en forme de noeud papillon
 

Le Obi et ses milles pliages

Je ne vous l’avais encore jamais dit, mais mon arrière grand-mère était geisha, et nous a aussi laissé des affaires personnelles. Le obi-age rouge en sô-shibori (chaque petit milimètre de tissu a été cousu à la main lors de sa teinture) que je porte juste sur le dessus du obi lui a appartenu. C’est donc une antiquité de 100 ans d’âge. Le obi-age ressemble un peu à un foulard mais il sert à habiller le dessus du obi pour un rendu tout en prestance. La corde en soie tressée rose fushia portée juste sur le milieu du obi et un obi-jime. Il est l’accessoire non négligeable du port du obi. Il se noue de différentes façons selon l’humeur.

Quant au obi lui même, il est brodé de fils d’or et d’argent et ce type de obi s’appelle fukuro-obi. C’est le plus beau et le plus noble aussi. Les motifs colorés et floraux de ce obi là ressortent parfaitement sur le fond noir avec élégance.

Il y a 1000 façons de nouer le obi. Ici, ce que vous voyez dans mon dos est un pliage que l’on appelle hana-musubi. Je suis extrêmement fière de le porter, car ma mère s’est entrainée pendant une semaine entière sur le dos d’une chaîse pour parfaire sa technique en attendant le jour J pour le faire sur moi. Il n’est évidemment pas donné à tout un chacun de déployer aussi parfaite forme de fleur avec un obi. Ma mère a passé un diplôme de kitsuke (l’art de se vêtir ou vêtir quelqu’un du kimono) dès son plus jeune âge. Il n’y a que peu de japonais à notre époque capable de s’habiller par eux-même en tenue traditionnelle. C’est un savoir-faire, une tradition qui se perd de plus en plus et je trouve cela dommage. C’est la raison pour laquelle je me dois de l’apprendre. Si je n’y parvenais pas, tous ces kimono en la possession de ma famille seraient perdu lorsque viendra mon tour d’en prendre soin.

Plus les années passent et plus j’ai la pression!…mais c’est passionnant! C’est un défi de taille à relever. Devenir “la parfaite femme japonaise” est une promesse faite à ma mère. Amusante promesse car d’habitude, celle-ci est faite à son futur mari. J’espère pouvoir être à la hauteur. ^^

 

kimono furisode chôcho obi

bord de seine en hiver et cygne blanc

kimono et chale en fausse fourrure blanche

bord de seine couple de cygnes blancs

 

Apprendre le kitsuke, l’art de se vêtir en kimono

J’aime admirer les kimono chaque fois que j’ai l’occasion de voir ma chère mère, pour la période des fêtes par exemple. Car c’est le moment où jamais de déplier ce qui est si précieusement rangé habituellement. Ces derniers temps je me demandais comment faire pour apprendre tant de choses qui me sont inconnus, et le kitsuke en fait parti. Cela représente une masse de choses à retenir. Je ne sais absolument pas m’habiller seule en kimono. Sachez que chaque ficelle de soie porte un nom bien particulier. Il m’a fallu deux heures de préparation pour ressembler à la japonaise que vous voyez sur ces photos.

Je me sens perdue sans le guide maternel bienveillant. Elle sait tant de chose et si bien, que je l’admire à chaque instant : kitsuke, ikebana, couture, cuisine, nihon-buyô (danse traditionnelle)…c’est l’apprentissage de toute une vie pour moi.

Elle a toujours les yeux qui brillent de bonheur lorsqu’elle m’apprend un peu de son savoir ancestral. J’aimerais un jour moi aussi pouvoir le transmettre à mon tour…

Prendre en photo tous les kimono est une merveilleuse opportunité. Cela permettra de laisser une empreinte. Peut-être qu’un jour, ma lointaine descendance verra en admirant ces photos, qu’une de leur ancêtre à su manier toutes ces choses si fragiles, avec amour et attachement pour le Japon.

Car le Japon, bien que loin de moi, vit aussi à travers moi, et à tout jamais dans mon coeur. 

 

kimono furisode

bord de seine en hiver

 

Vocabulaire japonais du jour:

Une boutique de kimono : Gofuku-ya
S’attacher les cheveux : Kami wo yuu
Marcher à petit pas avec les pieds un peu en dedans (tenue obligatoire en kimono) : Uchimata de yukkuri aruku
Un kimono chatoyant : Azayaka na kimono
A la japonaise : wa-fû

 

J’espère que ce post en tenue traditionnelle vous a plu. J’ai eu beaucoup de bonheur à le partager ici.
Je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année.
En espérant vivre intensément le passage de 2011 (année du lapin) à 2012 (année du dragon). Je vous retrouve l’année prochaine donc…
c’est dans quelques heures à présent!

Pour les 12 coups de minuits, je serai au 27 ème étages avec une vue aérienne sur Paris…
pour que le ciel entende mes voeux pour la nouvelle année!….

Et vous, avez-vous des voeux ou des résolutions pour 2012?

 

 

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