Goodbye Satoshi Kon








La semaine dernière, j’ai tellement été attristée d’apprendre le décès de Satoshi Kon, que je suis subitement restée sans voix, incapable de mettre des mots sur cette perte si précipitée et colossale: cet homme là était un de mes réalisateurs “anime-ka” préférés. J’avais vu tous ses films et jamais aucun de ses récits ne m’avaient laissée indifférente.
Il utilisait le support animé comme une technique sublimée par l’amour du dessin (il a commencé mangaka), un parti-pris qui lui permettait d’avoir une liberté totale pour développer son imaginaire sans aucunes limites. Malgré les petits budgets successifs, lui-même et son équipe de production avaient toujours été capables d’accomplir des résultats allant au delà de l’attente du public. Un travail soudé, passionné et reconnu.
Je respecte et j’admire.
Ses films ne sont pas juste des “films d’animation” mais des chef-d’œuvres de cinéma d’auteur. Satoshi Kon s’impliquait dans tout le processus de création. Il passait des mois voire des années à travailler sur les scénarios qui lui tenaient à cœur sans jamais abandonner, il élaborait tous les storyboards entièrement seul jusque sur le tard, et ne déléguait ce labeur pour rien au monde, parce qu’il considérait cette phase comme l’ultime base de l’édifice de la réalisation. Il s’attelait aussi souvent lui-même au character design, ainsi qu’aux décors et investissait son énergie jusqu’à la commercialisation et la promotion de ses films.
Polyvalent, talentueux, humble et discret étaient les qualificatifs de Satoshi Kon.
Qu’il raconte l’histoire d’une idole-chanteuse bon marché traquée par un maniaque dans un film horreur-fiction (Perfect Blue), qu’il mette en scène l’incroyable vie d’une actrice passionnée autour d’un contexte historique émouvant (Millennium Actress), qu’il nous présente un soir de noël trois sans-abris à la recherche des parents d’un bébé abandonné (Tokyo Godfathers), ou qu’il nous emmène au fin fond de nos rêves les plus follement psychédéliques (Paprika), Satoshi Kon m’aura toujours fasciné par le résultat qu’il aura eu sur ma conscience, car à la fin de chacun de ses films, je me suis sentie plus vivante et remplie d’émotions que jamais.
Mais plus que de tout, Satoshi Kon était un humaniste, un artiste doté d’une fantastique capacité d’empathie, qui lui permettait, au delà même de son travail, d’avoir foi en la nature humaine. Il aimait comprendre les individus, et se perdre dans les subtils méandres de la psychanalyse. Il était, à force d’expérimentation devenu un spécialiste de la réalité subjective.
Je me souviens il y a quelques années l’avoir interviewé par correspondance pour Coyote Magazine pour la série Paranoia Agent au moment de sa sortie en France. J’avais vu pour l’occasion, d’une traite toute la série en à peine deux ou trois jours…la qualité de son travail sur le petit écran était remarquable d’originalité concernant la trame scénaristique et d’une qualité visuelle irréprochable.
Mon seul regret était de n’avoir pu le rencontrer pour lui poser toutes les questions qui me chatouillait l’esprit.
Je crois alors qu’il est temps que je fasse une projection hommage de tous les trésors qu’il nous a laissé. Je vous invite à y participer, car pour tous ceux qui ne le connaissent pas encore, vous en ressortirez enrichi après chaque visionnage.
Vocabulaire japonais du jour:
Un réalisateur : Kantoku
Le cinéma : Eiga
Un chef-d’œuvre : Meisaku
Le décès/ la mort : Shi / Shibô
Un hommage : keii
Une illusion/ une hallucination : Môsô
Le rêve : Yume
La réalité : Genjitsu
Subjectif : Shukanteki
Un animateur : Animeka
Un dessinateur de manga : Mangaka
Il a été un grand de l’animation japonaise :
kare ha nihon no animation gyoukai no ômono datta



Petit message envoyé à l’univers:
“Kon san, itterasshai, et bien que vous soyez parti bien trop tôt, je vous souhaite de faire bon voyage. Votre corps nous a laissé, mais sachez qu’une part de votre âme habite ma bibliothèque. J’ai aujourd’hui sur mon bureau, le storyboard de Tokyo Godfathers. Merci d’avoir aussi passionnément vécu et partagé.”
RIP





























Ecureuil pas très inspiré
J’aime.
C’est sûr que la mort de Satoshi Kon reste, et restera une perte phénoménale dans le milieu de l’animation japonaise.
Je confesse, je n’ai malheuresement vu que son superbe film “Tokyo Godfathers”. Film que j’ai par ailleurs complétement adoré et qui restera gravé dans ma mémoire pour toujours (je l’avais vu la veille de noêl je crois justement.)
Donc une très belle découverte. Après c’est vrai que la perte de cet artiste sera grande, mais autant le respecter pour le travail qu’il aura fournit en ce monde plutôt que de pleurer le travail qu’il n’aura pas fait.
C’est une grande perte, mais il est bon de savoir que toute sa mémoire et ses pensées reste gravées au plus profond de ses films, et que l’on pourra toujours lui parler au travers.
Un très beau post hime, un hommage émouvant, peut être un de tes plus beaux posts en matière d’émotions.
On est forcé de cliquer sur “J’aime cet article” à la fin, comme après tout article tu me diras.
Un magnifique billet Hime, reste celle que tu es, et gambatte pour la suite ! Et oublie pas : You rock !
(fonce chercher les autres films de Satoshi Kon !!)
PS : Gougou ! hahaha je m’y ferai pas, j’adore !
Undo
Oooh on te sent vraiment émue par cette perte… je ne le connaissais pas, mais si ça peut te réconforter, ton article m’a vraiment donné envie de connaître son œuvre…
Aizen
@Undo: Oui, je suis émue, parce qu’il était vraiment spécial. Je serai ravie que tu me dises ce que tu en as pensé en voyant un de ses films…Personnellement je te conseille “Millennium Actress”. J’étais en larmes à la fin du film…tellement c’était beau!…^^
@Ecureuil pas très inspiré:Fonce te procurer la série Paranoia Agent! Je suis sûre que tu vas adorer. Un jeune homme avec une batte de baseball en or, une mascotte trop mignonne mais étrange, une designer en proie a de la paranoia…il ya de la matière!hi hi hi
sttourn
Triste nouvelle , je n’ai vu de sont oeuvre que “Paranioa
agent” , et cette serie navait ravie et marquer … Du me
donne envie de visioner toutes ses oeuvre
anakin
Ton article est le plus chouette que j’ai lu en hommage à ce créateur.
Impression graphique, le blog » Blog Archive » animation: disparition de Satoshi Kon
[...] a rendu un bel hommage à ce créateur unique sur son blog. Partager cet article [...]
Aizen
@Anakin: Tu me fais vraiment honneur, merci beaucoup.
@impression graphique: Merci pour le partage et ton lien vers FSA
sttourn
Salut Aizen coment va tu ? magnifique t’on blog.. Meme si
parfois il y a de mauvaise nouvelles . . (:
Azash
Très bel article, comme toujours. Je n’ai pas l’honneur de connaître l’œuvre de Satoshi Kon autrement que par ce nom, “Perfect Blue”, dont le titre m’évoque ces films que j’ai raté (lamentablement j’en conviens) au cinéma il y a des années de cela lorsque j’étais étudiant.
Je vais évidemment profiter de cette résurgence pour combler mes lacunes dans ce domaine prochainement.
Gambatte hime. Qu’il me fassent rêver, rire ou pleurer, tes articles seront toujours une bouffée d’oxygène pour mes neurones.
Ms. Goliath
J’aimais beaucoup aussi et pourtant je n’ai vu que Paranoia Agent et Perfect Blue. Il faudrait vraiment que je me procure les autres. J’aime son originalité et son esthétique. Snif, il nous manquera. Bel article ^^
Piou
Je n’ai vu que Paranoia Agent, et c’était déjà une superbe oeuvre qui faisait réfléchir.
On te sent très émue, c’est vari ! ^^
Même si je ne connaissais pas son nom, grace à toi, je le suis aussi !
Aizen
@Sttourn: ça va bien! Merci beaucoup!
@Azash: Tu as des wagons à rattrapper mais c’est que du bonheur je te préviens. ^^
@Ms.Goliath: Toi qui est cinéphile, en effet, il y a matière à te mettre sous la dent. Contente de te relire ici!
@Piou: Bienvenue Miss Piou. Tu es ici au royaume du GOUGOU! mets-toi à l’aise et fais connaissance avec un de mes momongas. ^^
D’ailleurs j’ai fait un rêve étrange cette nuit…( o _ O; )
Alissa
Ton article m’a mis les larmes aux yeux :’( Rien que de revoir les images de ses films, ça m’attriste énormément. Quel talent!! Parti si tôt…penser qu’on ne verra plus son travail me rend malade! Tu as raison de dire que ce ne sont pas “que des animations”, ce sont de vrais chefs d’oeuvre! Un univers tellement riche, tellement unique. Il y en a pas beaucoup des comme lui
Dommage que tu ais manqué le rendez-vous avec lui, mais quelle chance déjà de l’avoir interviewé par correspondance! Pour ma part je n’ai manqué que Millennium actress et Perfect blue qui sont les préférés de Julien. Il en parle très souvent! Le reste j’ai tout vu et tout aimé…C’est fou comme quelqu’un qu’on ne connaissait pas peut nous manquer à ce point
Merci pour cet hommage!
Aizen
@Alissa: Millenium actress…ça m’a fait pleurer. C’est magnifique. Cette oeuvre est “habitée” par une âme.