Geisha

“Les geisha doivent pouvoir s’incarner dans n’importe quel type de fleurs : des plus belles aux plus modestes. Le saule exprime la force psychique des geisha. Quel que soit la dureté de la situation, de l’épreuve, il ne rompt jamais. Pour faire ce métier, il faut à la fois pouvoir être les deux. C’est pourquoi nous appelons notre monde, celui des fleurs et des saules.”
Ainsi parlait Mineko Iwasaki, qui fut l’une des plus belles et honorables geiko – geisha – de notre époque. Les apprenties, appelée aussi maiko, étudient la danse, le ikebana / l’art floral, le chanoyu / la cérémonie du thé, la poésie, et la littérature pour devenir à terme des artistes accomplies, capables de faire valoir l’excellence dans leurs disciplines. Ces femmes ont décidé d’endosser le poids de la culture traditionnelle nippone et sont la fierté des japonais.
Le monde de Gion (quartier et dernier bastion des geisha de Kyôto) est hermétique aux non-initiés. Leur univers est bien gardé. Ainsi, on n’approche une geiko que par introduction ou par recommandation. De plus, elles n’offrent leur compagnies que pour exercer leurs talents artistiques, contrairement à ceux qui, par ignorance, pensent qu’il est possible d’obtenir leur faveurs de façon plus intime. Elles ne sont en aucun cas des prostituées.
Les geishas sont l’essence vivante d’un Japon révolu qui continuent avec grâce et délicatesse à perpétuer la tradition. J’ai énormément d’admiration pour elles!… et mon amour partagé pour le kimono m’a donné envie de leur rendre hommage en postant une illustration à ce sujet. En espérant qu’il puisse vous inspirer aussi.
Soreja mata!*
A la prochaine!
Vocabulaire japonais du jour:
Les arts: Gei
Personne exerçant les arts traditionnels: Geisha
Femme exerçant les arts traditionnels: Geiko
Apprentie geiko: Maiko
La tradition: Dentô
Traditionnel: Dentôteki na
Maison / Etablissement des geishas: Okiya
Les fleurs: Hana
Le saule: Yanagi
ps: Je vous recommande le livre autobiographique de Mineko Iwasaki “Ma vie de geisha”. Un très bel ouvrage dans lequel l’auteur lève passionnément le voile sur bien des aspects de son passé de geiko. Vous pouvez aussi voir l’excellent reportage réalisé pour ARTE sur le même thème que vous pourrez voir ici et ici .





























Val
Un court mais très joli article. J’aime beaucoup le concept de geisha…c’est tellement rare.
sttourn
Magnifique article sur les Geiko ou en apprend plien de
chose
bien a toi et bonne continuation pour t’on super blog !
FA963
J’ADORRRRREEEEEE!!!!!!!!!!!!!!!!
cobalt
A koi reconnait on une oeuvre d’art reussie????
une esthetique suivant les criteres de beauté et d’harmonie en place, mais aussi a une technicité qui se remarque!!
Les Geisha ne sont elle donc pas les plus belles oeuvres d’art?
Tableau en vie, sculpture de sang et de chaires, et une technique en tout geste et tout mot, montrant culture et sens du raffinement, pour sublimer l’etre et ne pas etre qu’un parraitre…
Mais ces chefs d’oeuvre ne sauraient avoir un createur, encore moins un possesseur! Et c’est la le charme de l’ephemere qui agit sur la conscience pour rendre cet instant unique!!!
Une geisha est pour moi comme un coquelicot: on ne la cueille pas sinon elle fane trop vite!!!!
Chrodegang
J’aime beaucoup ce bel article. Il me fait penser à un équivalent dans la culture arabe classique : la qayna. On traduit souvent ce mot par “esclave chanteuse”. En fait, ce sont des esclaves qui étaient formées en chant, danse, poésie, littérature, droit, théologie, etc. Elles se produisaient devant les cours des émirs, des vizirs, des califes et servaient de dames de compagnie (mais de statut servile) dans les hautes sphères de la société.
Jadrine
J’ai toujours trouvé les Geisha d’une beauté intrigante et mystérieuse.
Aizen
@Val
’ailleurs il n’en reste pas moins de 250 à Kyôto, avec elles, disparaissent aussi bon nombres d’artisans ainsi que de savoir faire ancestraux…Elles se battent donc pour adapter leur métiers à la société actuelle: certaines se mettent à promouvoir leur art sur internet, ou pour attireer de nouvelles recrues potentielles.
@Sttourn: Je suis heureuse de savoir que tu apprends pleins de choses alors! En espérant que ça puisse être régulièrement le cas. ^^
@FA963: T’es adorable surtout. ^^
@Cobalt: Toujours très lyriques et inspirés tes coms…ce que tu dis est juste: il y a de la mesure en tous gestes chez les geisha. Et une geisha est indépendante en effet: elle n’appartient qu’à elle même. Très belle comparaison avec le coquelicot, qui est aussi une fleur parmi d’autres.
@Chrodegang: C’est intéressant ce que tu dis sur la qayna, parce que par le passé, certaines filles de familles modestes étaient vendues aux responsables des okiya (établissement des geisha). L’apprentie n’avait d’autre choix que d’obéir à la mama-san (mère de substitution et formatrice) car elle lui devait son éducation ainsi que les dépenses liés à sa formation, habillement, logis, nourriture, qu’elle se devait par la suite de rembourser une fois son statut de geiko obtenu. Ce n’est qu’une fois la dette payée, que la geiko pouvait s’affranchir d’une forme de servitude pour devenir indépendante. En attendant, elles n’ont jamais été considérée comme des esclaves, à la différence de la qayna. Une qayna pouvait-elle avoir gagné assez de mérite pour gagner sa liberté?
Y a t-il des qaynas connues? Je serai curieuse d’en savoir un peu plus.
@Jadrine: Le mystère plane en effet, c’est le cas de le dire, car très peu de gens peuvent les approcher.
Chrodegang
Je ne me rappelle plus s’il y a des exemples de qayna-s qui ont été affranchies. En revanche, certaines étaient très connues, notamment à travers des récits où elles font des duels de poésie avec de grands poètes, où elles débattent théologie ou grammaire avec des spécialistes de ces disciplines, où elles sont en relation avec tel ou tel homme de pouvoir… Je t’envoie un document sur le sujet
Aizen
@Chrodegang: Avec plaisir! C’est passionnant comme sujet. Finalement, au moyen orient, les femmes pouvaient aussi avoir plus de pouvoir que ce que l’on peut penser. Mais la question de l’affranchissement me turlupine un peu.
Bebarock
J’adore ton univers ….
Aizen
@Bebarock: C’est adorable à toi. Merci de venir visiter mes momongas ^^
Stephane
Je crois qu’il est bon de rappeler aux gens qu’à la base les geisha étaient exclusivement des hommes (comme souvent concernant les arts raffinés de tout peuple au passage…).
Le propos de l’article était pas d’instruire ou faire une piqure de rappel à tes fidèles lecteurs sur ces personnes là, leur histoire et leur coutume, mais je pense que c’est intéressant voire important de rappeler le début de leur Histoire (qui n’est pas vieille du tout d’ailleurs!) pour bien appréhender leur monde tout ça.. ^^
Tu as vu le coloré film Sakuran avec la culte Anna Tsuchiya au fait?
Tiens, puisque on est dans le thème tradition du Japon, un truc qui m’interroge tout le temps dans la plupart des films sur le monde des geiko (donc ère meiji et postérieur) et surlequel j’ai jamais trouvé d’infos sur le net: les nanas disent tout le temps “ôki ni” pour “merci/dômô”, expression que j’ai jamais entendu ailleurs que chez elles, tu peux expliquer/développer?
Aizen
@Stephane: haha! Oui c’est bien vrai, les geisha au tout début étaient des travestis! Alors oui, les hommes ont joué le “jeu”. Tout à fait! Tu fais bien de le mentionner, car si je disais tout, il n’y aurait plus de débat. hihi, c’est intéressant ce que tu soulèves là. Alors à ton avis, pourquoi les hommes se travestissaient-ils ainsi? Ce serait justement bien d’avoir un avis masculin, toi qui est passionné et un peu connaisseur du Japon. Sinon “ôki ni” c’est très courant à kyôto comme expression. Il n’y a pas que les geisha qui utilisent ce terme. Les femmes et même les hommes parfois, ceux qui parlent le patois local, dans la région du Kansai en particulier. C’est pour montrer de la gratitude. “ôki ni” signifie = Beaucoup/ énormément = vient de ôkii / grand en japonais. C’est plutôt régional comme expression, on ne dit donc que “énormement [...]” le merci étant tellement évident, on ne le dit pas, on spécifie seulement la grandeur de sa gratitude. Les gens à Kyôto sont connus pour être très attentionné et à l’écoute lorsqu’ils ont des invités. Même si les gens d’Osaka ou de Tokyô ont quelques ragots sur leurs façons d’être…Quoi qu’il en soit, les “soit-disants” spécificités locales sont vraiment intéressantes au Japon. ^^
Stephane
Travestis travestis, ça je sais pas. Et la question ne m’intéresse pas trop là à froid.
Je voulais juste mettre en avant le fait que que ce n’était pas sexué à la base (dans la continuité de ce que tu dis dans l’article donc), que c’était du divertissement (pour les samouraïs alors encore existants). Divertissement traditionnel et raffiné (gei donc) (chants, musique, poésie, danse etc), pas fait pour exciter le guerrier comme croient les incultes.
Après, il est vrai que les danses traditionnelles sont très efféminées (voire/donc érotiques?), à l’image du kabuki. Mais c’est un autre débat.
Aizen
@Stephane: Précisons bien que “gei” en japonais signifie “art”…et pas “gay”…bref, j’ai rien contre, mais parfois les gens confondent tout, donc je le dis! XD Et sinon en effet, ce n’était pas fait pour exciter les samurai, dans le Nô aussi on n’y voit que des hommes, et ces derniers jouent bien des rôles de femmes. L’érotisme qui émane de la geisha, vient du plus du fantasme, de l’inaccessible…Autrement, il faudrait que je me renseigne plus sur la période où les hommes étaient les premiers geishas, on les appelait alors “otoko geisha” ou “taikomochi”. Ces gens là servaient les daimyô à la base vers le XIIIème siècle. Heureusement, les japonais sont très androgynes. ça devait pas être désagréable comme divertissement non plus.
Undo
J’ai lu ce livre et il est passionnant, c’est vrai qu’en Occident il y a un raccourci assez fréquent entre geishas et prostituées…sans doute car il n’existe rien de comparable ici… Dans le film Mémoires de Geisha la scène de danse est particulièrement stupéfiante…
Je me jette sur le reportage, merci pour le lien !
Aizen
@Undo: Justement Chrodegang parle dans les commentaires d’un concept proche de la geisha au moyen orient: la Qayna. Ces femmes étaient de vraies artistes aussi, très belles mais aussi instruites, cultivées… En france, il n’y a pas vraiment d’équivalent comme tu dis…c’est sûr. Il y a eu pas mal de reportages qui ont été réalisé pour Arte, mais je trouve celui là très poétique: le JRI s’est vraiment donné du mal et s’est passionné pour le sujet, et du niveau rédactionnel, très bien écrit.
Lucie Béluga
je file chercher le bouquin, j’avoue que je suis passionnée par les geisha, j’avais lu qu’une américaine avait réussi à force de matience et de dur labeur à devenir une meiko, mais c’était évidemment un cas exceptionnel.
Aizen
@Lucie Béluga: Ah bon??? Une américaine?? ( o _ O ) *** trop curieuse *** si tu retrouve la source, je suis preneuse! ^^
Ava
très joli dessin, très bien documenté.
J’ai adoré le livre Geisha, qui renseigne beaucoup sur la vie des geishas.. mais le film n’a pas tenu ses promesses.
A l’origine, c’est Spielberg qui en avait acheté les droits : dommage qu’il n’ait pas traité lui-même le sujet !
Mélanie
Très bel article. A ce sujet, j’avais adoré lire “Pays de neige” de Kawabata. Tu l’as lu ?
Aizen
@Mélanie: eh bien! Je vois que j’ai affaire à une vraie fan de culture japonaise: Kawabata c’est beau…ça fait plaisir que tu aies aimé!
Mélanie
Tout à fait fan, mais je ne la connais pas assez … ce qui va s’arranger grâce à toi !
malolitka
oui je suis tout à fait d’accord avec toi, ces femmes avaient vraiment non seulement du courage mais une classe qu’ici en europe, on ne peut pas arriver à leur cheville. d’ailleurs j’ai vue le film les mémoires d’une geisha et j’ai vraiment adorée! d’ailleurs je pense que je vais m’acheter le livre en collection avec les illustration, il parait qu’il est collector! bises
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