24 Nov

2010

Expo Murakami au château de Versailles – L’analyse

murakami expo maid

murakami-versailles-expo mushrooms

murakami versailles expo sculptures

Versailles interior

expo murakami flower's wall

Versaille interior

expo murakami versailles, psychedelic flowers

expo murakami tongarikun


“La charmante demoiselle blonde au charme innocent, et à la silhouette insolente qui ouvre ce post sur l’expo Murakami au château de Versailles, est une maid.”

N’est ce pas sexy comme accueil à l’entrée de la galerie des glaces?

En français, on pourrait traduire maid par:servante, bonne, femme de chambre, domestique, ou encore soubrette! Sa tenue est directement inspirée de l’uniforme traditionnel de la “french maid”

J’entre sans pitié dans le vif du sujet n’est ce pas?…
Oyez oyez gente compagnie! Je compte bien vous faire faire une petite visite guidée spécial Squirrelique, pour faire le tour des quelques oeuvres clés de l’expo Murakami. Tant pis pour ceux qui se voient, d’emblée, choqués par les tétons apparents pointant sous la robe de cette jeune soubrette en tête d’affiche…mais pour ceux qui trouvent cela vulgaire, j’aimerais rappeler une chose: regardez le plafond du château. Sisi, à Versailles, bons nombres de plafonds s’ornent de superbes créatures aux seins dénudés! (jeu de mirroirs à la galerie des glaces? le monde parallèle semble s’étendre…^^)

Personnellement je suis plutôt une fan de cosplay, alors je trouve cette tenue plutôt sexy, adorable et amusante…

Petit point avant de commencer: Je vais faire, tout au long de ce post, des petites parenthèses pour approfondir le sujet, en faisant référence à la culture pop et traditionnelle japonaise, dans le but de vous aider à comprendre enfin certains détails incompris sur cette expo tant critiquée!…

Vous voulez du croustillant?

De l’érotisme kawaii incarné:

Alors écoutez bien: au japon, depuis maintenant bons nombres d’années, existent des “maid cafés“; Ce sont des établissements dans lesquels les serveuses sont habillées comme des poupées, avec petites robes noires strictes de style victorien à tablier etc.

Le concept:

accueillir les clients comme s’ils revenaient chez eux, dans leur “domaine” en étant évidemment les “maîtres” des lieux. Les maids sont donc là pour répondre aux exigences en tant que domestiques, et peuvent par conséquent vous faire plaisir en vous touillant le thé, vous donnant à manger à la petite cuillère, en vous chantant une chanson, ou tout simplement en vous divertissant par le biais d’une conversation pleine de courtoisie et de kawaii.

Je vois déjà venir les critiques faciles du genre:

c’est pour les pervers et les otakus boutonneux fans de mangas! Pas plus que cela: ces lieux sont fréquentés par des couples, des salary-men, des lolitas, des étudiants…tout cela dans un cadre sucré et ordonné à la japonaise. Il faut prendre cela comme un jeu de rôle, avec légèreté et fantaisie. Vous avez l’opportunité d’oublier ce qu’il s’est passé au bureau à l’heure du déjeuner ou de se rafraichir les idées en sortant un peu du train-train quotidien!… pourquoi alors ne pas se faire servir comme un roi (ou une reine) dans un cadre douillet, par de jolies filles qui sont là uniquement pour être aux petits soins avec vous?

Nous pouvons voir là quelques penchants de Murakami pour l’érotisme/ hentai soft à la japonaise, transcendant l’innocence en surface de son univers habituellement enfantin…

Je pense qu’il a fait très fort en plaçant sa maid à l’entrée de la galerie des glaces, comme invitant à pénétrer en ses lieux de pouvoir, parce que c’est un énorme clin d’oeil à la vie du château d’antan en ce lieu hautement stratégique que sont les appartements du roi. Non seulement Versailles a toujours été un lieu de services raffinés et de divertissement pour satisfaire les désirs les plus fou du roi, et des nobles tout-puissants, mais des maids, je pense, il n’en manquait pas au château! Alors certes, la mode s’est un peu raccourcie en 2010, mais l’énergie déployée pour servir était la même hier, voire pire…les habitants du palais étaient forcément des petits coquins, soyez-en certain!

Murakami critique aussi ici, je pense, l’aspect d’une certaine échelle sociale: nous sommes tous un peu esclave de quelque chose ou de quelqu’un, non? ça vous fait rire jaune? Moi ça m’amuse! Alors on continue la visite guidée. ^^

 

expo murakami maid

 

De l’importance de l’auto-portrait:

On a beaucoup reproché à Murakami une certaine mégalomanie voire arrogance concernant cette exposition, mais pour ma part, j’ai remarqué plus d’humour, d’amusement de sa part que de détails qui auraient pu justifier de tels reproches: en effet, une des oeuvres s’avère être un auto-portrait. Oui, vous l’avez deviné: celle où il est habillé en “touriste”, T-shirt blanc et bermuda, accompagné de son petit chien (un shiba)!

J’ai ri en le voyant là, comme monsieur tout le monde perdu au milieu de la foule… il s’est mis en situation, face à sa propre exposition, en tant que visiteur comme si de rien n’était! Evidemment il ouvre la bouche et fait un signe de la main…Il croyait quand même pas passer incognito!

Murakami joue souvent avec sa propre image, malgré sa renommée, la sensibilité du lieu, les critiques acides et les polémiques. Pour moi, un artiste prêt à s’infliger l’auto-dérision est un individu capable d’humilité. Je pense que “sa présence” est à double sens: il est là matériellement sans être physiquement présent. Il est comme entrain de surveiller les réactions des visiteurs par curiosité, et aussi pour rendre hommage en tant qu’artiste invité au château.

Quoi qu’il en soit, “Murakami ne s’est pas mis sur son 31″ me chuchote à l’oreille le fantôme de Louis XIV un brin surpris. (mais il me dit qu’il a eu le temps de s’adapter aux tenues vestimentaires des touristes depuis le temps qu’il hante le château)

 

murakami versailles self portrait

 

Des influences psychédéliques de Murakami:

Pour comprendre l’art de Murakami, il me semble important de souligner le fait qu’il est un artiste héritier du psychédélisme, courant issu de la contre-culture des années ’60. Ce courant vise à reproduire, comme vous le savez, de façon tout à fait consciente, un résultat visuel proche de celui obtenu à partir d’un état hallucinogène provoqué par absorption de LSD.

De nombreux artistes de ce courant ont pu influencer l’artiste japonais et ce, dans de multiples domaines telle que: la peinture (Isaac Abrams, Mati Klarwein), la musique (Grateful Dead, Jefferson Airplane, Pinkfloyd, Kula Shaker, 13th Floor Elevators…), l’illustration /graphisme (Stanley Miller, Wes Wilson, Nigel Waymouth, victor Moscoso, Alton Kelley…).

Après s’être penché sur les précurseurs de l’art psychédélique aux vapeurs colorées, l’on comprends alors d’où peuvent provenir les concepts onirico-acide des fleurs multicolores de Murakami. Il y a aussi les chaises en forme de champignons (magic mushrooms), les halos arc-en-ciel, des éléments pouvant nous rappeler les mandalas ou les tissus indiens, ainsi que l’effet kaléidoscopique et répétitif de certains motifs. Tout cela, a pour but de déformer la réalité pour nous propulser dans un univers parallèle. Bien évidemment, ses oeuvres prennent une dimension particulièrement reconnaissable et personnelle, car à tout cela vient s’ajouter son univers propre aux mangas et à la japanimation. Ces installations ne sont pas sans me rappeler les travaux d’une autre artiste japonaise de talent, créant dans le même registre : Yayoi Kusama.

 

expo murakami versailles, flower's wall

expo murakami versailles, tree of flowers

 

De la 2D à la 3D / du manga à la réalité :

Murakami le disait lui même lors d’une interview TV “je crée des sculptures comme on plierait des origamis”. De la feuille de papier nait une forme inattendue, et la 2D a toujours été le support de prédilection des japonais. On peut le vérifier dans autant de genres que le ukiyo-e, l’art calligraphique, le shin-hanga (bijin-ga), les makimono, le travail du washi, l’origami

L’amour du papier a fait des artistes japonais des illustrateurs délicats et sensibles, à la dextérité et aux styles des plus pointus. On accorde au trait et à sa beauté dépouillée, une importance capitale: celle de sa pureté et de sa spontanéité.

Il est intéressant de constater chez Murakami, sa faculté à jouer sur les deux tableaux: la 2D et la 3D; Il travaille le volume et procède à son installation tout en donnant l’impression qu’il reste en 2D. Cette ambiguité multi-dimentionnelle crée une impression de décalage par rapport aux volumes architecturaux d’un lieu. Il me semble qu’il a voulu que ses oeuvres investissent “organiquement” les lieux. Murakami s’est donc amusé à prendre possession de l’architecture intérieure du château, qui est indéniablement un espace règnant sur 3 dimensions (voir 4 : le temps)…

J’ai vraiment trouvé sa façon de prendre parti de l’espace, très  intéressante. De la surface au volume…cela m’a rappelée un manga “Vidéo Girl Ai”, dans lequel l’héroine n’est autre qu’une jolie fille issue d’une VHS, qui sort de l’écran et quitte un univers en 2D pour prendre corps dans la réalité…

Murakami utilise ce même concept, puisque ces personnages sont comme échappés d’un manga ou d’un film d’animation.

L’utilisation de ces procédés brouillent encore un peu plus la frontière entre le réel et le monde imaginaire. De plus, je n’ai pu m’empêcher de ressentir l’influence d’un des plus grand maître nippon, “le père spirituel et originel” du manga et de la japanimation: Tezuka Osamu (créateur d’Astroboy, Blackjack, Princesse Saphir…) Petite parenthèse: J’éprouve pour les oeuvres de ce dernier, une incommensurable tendresse et une admiration sans limite.

 

expo murakami versailles, little dog

expo murakami versailles, the girl with blue hair

expo murakami versailles, kai kai

expo murakami versailles, ki ki

 

De l’objet du désir, du jeu et du pouvoir:

Nous entrons dans la partie “business” de l’expo, car je suis peut-être passionnée, mais pas dupe.

Je ne tergiverserai pas indéfiniment là dessus, mais soyons honnête tout simplement: tout cela a coûté très cher. Murakami n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de déployer les moyens de production pour accomplir son but.

Il utilise des matériaux nobles tel que la fibre de verre, le bronze, l’argent, l’or. Certains des objets, ont été crée à une échelle monumentale, peinte évidemment à la main avec acrylique, feuille d’or, placement de pierres semi-précieuse, etc. Il a de plus à sa disposition une équipe d’assistants et de techniciens capables de monter et de démonter toutes les pièces imbriquées comme un légo. Chaque pièce détachée doit prendre un temps conséquent à être  fabriqué…tout cela m’a un petit peu fait tourner de l’oeil.

Murakami est un artiste certes, mais un concepteur, un véritable chef d’orchestre, capable de gérer son équipe et de valider jusque dans les moindres détails de ses créations, tout en restant un homme d’affaire. Tout ce qui coûte doit être négocié…

…pour cause, il a placé son lion d’or intitulé “Yume” (rêve) dans la chambre privée du roi!

La démesure du projet Murakami  sied à merveille avec la visible décadence luxueuse qui a fait de Versailles l’un des Palais les plus somptueux au monde. Murakami dit être très fier d’avoir pu être choisi pour exposer et c’est tout à fait compréhensible! Qui ne se sentirait pas flatté?

Je crois que l’espace d’un instant, juste pour rire, il a voulu jouer au jeu de l’égo et de la gloire en se sacrant lui même, face à un tableau de Napoléon Bonaparte: il s’est déguisé lui aussi en empereur (l’oeuvre est intitulée  ”Emperor New Clothes“) : culotte bouffante, collier bling bling, sceptre miniature, petit manteau en hermine…et biensûr la couronne!

Cela aurait pu être sérieux, si seulement son bidon ne dépassait pas de sa culotte de façon aussi burlesque! Alors Murakami, arrogant ou maso? Je pense que dans les deux cas le résultat est le même: cela provoque le rire devant l’absurde! Je pense que Louis XIV aurait beaucoup apprécié cette exposition.

 

expo murakami versailles, the golden lion "yume"

murakami "emperor new clothes"


Des traditions du Japon, bouddhisme et shintô:

S’il y a un thème récurrent à beaucoup d’artiste japonais depuis la nuit des temps, c’est bien celui du shizen = de la nature, des paysages et du divin. Ce sujet sensible est cher aux coeurs des  japonais respectueux des traditions shintô, d’animisme, et du bouddhisme.

Les graines semées par Murakami ont poussé et pris forme: des fleurs souriantes et multicolores se sont déployées jusqu’à grandir pour révéler l’éclat joyeux d’un printemps sans fin.

Ne voyez-vous pas la beauté symbolique de ces fleurs psychédéliques? Ce sont des tournesols = sunflowers en anglais. Elles sont réputées pour se tourner toujours vers les rayons du soleil.

Le soleil est le symbole même du Japon, pays du soleil levant. Ainsi, l’un des kami les plus sacré est une déesse représentant cet astre source de vie, et se nomme Amaterasu ô-mikami.

“Oval Buddha” et Tongari-kun” sont les deux oeuvres gigantesques de l’expo et de loin, celles que je préfère, car elles illustrent parfaitement cette thématique. Ils sont tous deux inspirés par les codes de l’art religieux oriental: base de fleur de lotus, bras multiples symboliques des divinités hindoues, présence d’un éléphant… Avec Tongari-kun, je suppose que Murakami a voulu représenter le dieu Shiva. Ce dieu est celui de la destruction des illusions et de l’ignorance. Il représente la destruction mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau…

Mais encore une fois, il brouille les pistes en mêlant légende, spiritualité et imaginaire. Les sculpture n’ont pas tous l’apparence des divinités telles qu’elles le sont habituellement, je peux alors me tromper, mais il s’agit là de mon avis personnel.

Avec “Oval Bouddha” il représente Bouddha sous l’aspect d’un Kappa ( je le vois ainsi, car il ressemble beaucoup au monstre “génie des plans d’eaux” du folklore et de la mythologie japonaise). Il a même osé en faire une représentation à double face! L’arrière de sa tête nous présente une bouche ouverte et pleines de dents pointues!…

J’avoues que j’en suis restée bouche bée dans le parc, face à cette statue dorée, sous les reflets du soleil couchant!…C’était tellement beau!

Shaka (Bouddha) lui même aurait éclaté de rire, je crois. Quel farceur ce Murakami!… et moi, je ne suis pas prête à trouver la voie de l’illumination avant un bon moment!…(epic fail again! XD)

 

murakami versailles, tongarikun

expo murakami versailles, oval bouddha

expo murakami versailles, oval bouddha

 

 

Conclusion:

Vous devez sûrement vous y attendre, mais pour moi, la rencontre entre Murakami et Versailles est tout simplement une belle et brillante réussite.

L’orient rencontre l’occident avec plus de douceur et d’intelligence que n’ont voulu nous faire croire certaines grandes gueules instigatrices de la polémique anti-Murakami. Ces gens là n’ont simplement pas été capables d’ouverture d’esprit, et ont malheureusement détourné le regard vers le passé plutôt que d’encourager et de tenter de vivre pleinement le moment présent. Se complaire dans un monde balisé de “déjà-vu” et en terrain connu est si confortable, n’est ce pas?…

Certains ont osé dire que ce n’était pas de l’art? L’art n’a pas besoin d’être défini. L’art est universel, et donne le droit à toutes formes d’exister, dans le simple but de nous inviter à la contemplation. Murakami y parvient de façon originale.  Il faut de la liberté, de la vivacité d’esprit, de la tolérance, et de la curiosité pour soutenir la création. Mais il faut en plus de la volonté, du temps et du talent pour créer.

Dans 200 ans, les oeuvres d’aujourd’hui prendront une autre dimension, et nous ne seront plus là pour en être témoin. C’est la raison pour laquelle il faut garder les yeux grands ouverts car l’art contemporain, à défaut de nous permettre autant de recul que ce que nous voudrions parfois, permet de mieux comprendre un état d’esprit propre à notre époque ainsi que la société dans laquelle nous vivons. Ne vous sentez-vous pas concerné par le monde tel qu’il est aujourd’hui?

L’univers de l’art contemporain japonais est riche, et chaque créations contribueront à former le patrimoine culturel de demain. Et tout comme Versailles ne s’est pas érigé en un seul jour, puisque le château s’est construit, étendu, puis a été rénové sur une période s’étendant entre le XVII ème siècle à nos jours, il faut être tout aussi patient vis à vis de toutes les petites graines semées aujourd’hui pour leur laisser le temps de pousser.

L’exposition m’a fait comprendre aussi, combien Murakami était un grand enfant! Il n’a de cesse de rire et de communiquer sa joie de vivre en partageant ses visions psychédéliques, donnant vie à des créatures étranges et espiègles, dans un monde où fleurissent des fleurs béates! Cependant, aucun univers n’est tout blanc ou tout noir, ainsi son imaginaire comporte tout autant de faces obscures, de folies, de détracteurs et de perversions, tout comme le sont toutes ces choses qui composent ce monde. Mais à cela il propose une alternative puissante : le rire et l’absurde.

Elle est sûrement là, la clé qui permet de dépasser les chocs culturels, d’aller à la rencontre de l’autre avec le sourire, au delà des différences.

N’est ce pas Rabelais qui disait: “le rire est le propre de l’homme”?


Vocabulaire japonais du jour:

C’est fou / c’est incroyable / c’est hallucinant: Sugoi!
L’art contemporain: Gendai Bijutsu



PS: Un grand merci à Azash de m’avoir donné la permission d’utiliser en partie ses photos, mon appareil photo étant tombé en rade au moment crucial…

Toutes les photos sont la propriété d’Azash, sauf les images: 4, 5, 6, 7, 8 et 14.

PS2: J’aimerais faire un petit clin d’oeil à mes copines blogueuses qui m’ont pas mal encouragée à finir ce billet à temps (sans quoi j’aurai pu ne rien poster cette semaine…oh la vilaine!). Elles parlent d’un thème que j’aime tout spécialement et qui est au coeur de Versailles: Marie antoinette! C’est chez et chez .


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"Expo Murakami au château de Versailles – L’analyse"

  1. [...] Une très complète analyse de l’expo Murakami à Versailles par [...]

  2. skander

    Interessant! J’avais en effet eu quelques faibles echos au travers de la polemique creee par une telle exposition. Merci de nous avoir partages ton point de vue et de nous avoir eclaires de tes explications. Je ne connaissais pas cet artiste mais les themes declines sont en effet recurrents par ici.

  3. Je suis contente que ce billet soit terminé. C’est un plaisir de découvrir cette expo avec tes commentaires. C’est comme une visite guidée au chaud et dont je serai l’unique spectatrice.
    Merci pour cette découverte.
    Bon, je ne sais pas pour les autres mais je trouve que cette expo a tout à fait sa place à Versailles. Louis XIV aimait le divertissement, l’extravagance, la couleur… Non, ça ne me choque pas!
    Merci Aizen :)

  4. Eh bien quel travail d’investigation ! Merci beaucoup pour tous ces détails !
    <3

  5. malolitka

    bravo à toi aizen pour cette explication minitieuse de l’expo, ça me donne envie de la voir surtout que comme tu sais j’adore le manga style surtout video girl ai! Murakami a vraiment un style génial! moi aussi j’adore le cosplay! J’ai un ami qui en fait!

  6. Je n’aurais jamais pensé au rapport 2D/3D dans le travail de Murakami, mais grâce à toi, maintenant je ne vois que ça, tu as complètement raison !
    Merci pour cet article très complet, et bravo !!

  7. [...] This post was mentioned on Twitter by Josefine Mag, Aizen Kaguya. Aizen Kaguya said: My new post : Expo Murakami au château de Versailles – L’analyse http://goo.gl/fb/GMMMg [...]

  8. Incroyable ! Ton billet est passionnant surtout pour une néophyte comme moi. Ça m’a vraiment permis d’avoir une réflexion et d’apprécier ce qui au premier abord ne m’attirait vraiment pas plus que ça.

    Du coup je suis un peu dans un délire psychédélique là et e me demandais à ce propos si tu connaissais l’œuvre des Who, TOMMY ? As tu vu le film ? Je suis une totale fana :p

  9. En te lisant, j’ai l’impression d’y être allée. Vraiment très beau billet, très complet !
    Et oui, j’ai lu jusqu’à la dernière lettre, et je suis sûre que je n’étais pas la seule, car il fut vraiment intéressant !

  10. Aizen

    @Skander: Merci pour ta réactivité, t’es le premier à poster un com. ^^
    Qu’en pensent les japonais de ton entourage, d’ailleurs?

    @Ju: Merci d’être aussi patiente et ouverte d’esprit. Je suis ravie que ça t’ait plu.

    @Holymane: C’est le cas de le dire, c’était long à écrire. Mais j’ai encore plus de plaisir à lire vos commentaires après le labeur. ;-D

    @Malolitka: Ah…Video Girl Ai c’est une institution par chez moi… et le cosplay, j’aimerais en faire plus souvent!

    @Undo: Ben disons que les dimensions et les lignes de fuites à l’expo m’ont assez scotchée! Je suis ravie que tu puisses avoir un regard multi-dimentionnel

    @Fanny: Que de joie si j’ai réussi à t’intéresser tes réserves. Et sinon, oui, moi aussi j’adore les WHO; Tommy c’est une institution. ^^

  11. Les principaux détracteurs de l’exposition de Murakami à Versailles sont partis du postulat que ses œuvres ne sont pas de l’art, ou qu’elles n’avaient pas leur place au château de Versailles.

    Je ne vais pas m’étendre a disserter sur ce qui EST de l’art ou non mais s’il faut que ce soit une chose sérieuse et élitiste, accessibles qu’aux grands de ce monde qui sont, forcément, plus cultivés que le péquin moyen…

    Par ses réalisations, Murakami nous entraîne dans un univers très japonais, dans le sens coloré et kawaii du terme. C’est là que Murakami dérange puisqu’il oppose ses couleurs à notre grisaille de tous les jours. Le Français (pardon cher compatriotes) a toujours eu du mal à se lacher en public. Il ne faut pas traverser hors des clous, ne pas dire du mal des puissants, ne pas remettre en cause l’ordre établi… Et surtout, fustiger tout ce qui n’est pas “sérieux”. J’ai gardé une âme de “Petit Prince”, celui de St exupéry (pas celui de Lu ^^) et le sourire ne m’a pas quitté de toute l’exposition. Les sculptures de Murakami pour moi ne sont ni plus ni moins que le pendant moderne des statues de bronze qui fleurissent partout dans la capitale. Le matériau, le thème et la couleur ont changés certes mais l’usage reste le même. nous avons d’un côté le vieux biface en silex de nos cousins du paléolithique et de l’autre un couteau-pince multilame en titane sauf qu’à la différence de ma métaphore technique, l’un peu aisément cotoyer l’autre sans le remplacer.

    Ton analyse sur la “vulgarité” supposée de la maid est vraiment éclairé. Que de seins sur Versailles ! Et personne ne s’en émeut. Évidemment, les fesses un peu molles des peintures aux couleurs passées ne font plus se dresser les esprits habitués aux blonde siliconées et photoshopées mais l’érotisme est présent, même s’il est d’un autre âge.

    En conclusion je dirais que cette exposition a vraiment ébloui le technicien, l’enfant et le nipponophile (quel mot affreux :p) que je suis. Je m’attendais presque à entendre des rire d’enfants entre les sculptures. Murakami a très bien choisi ses œuvres pour dérouter le spectateur français. Je suis sûr qu’au fond de lui il s’attendait à nous voir rouspéter, un peu à la manière d’un enfant qui, pour reproduire un gag qu’il a vu dans un livre, met un récipient plein d’eau au dessus d’une porte entrouverte.

    Et toutes mes félicitations : Très beau travail, belles références… Un très beau voyage dans le temps et l’espace. En un mot : Merci.

  12. superbe article ! en espérant que ça aidera les plus dubitatifs à mieux comprendre Murakami…
    ??????????????????

  13. ah… le com en jap passe pas :( dommage !
    je disais juste qu’il faudrait que j’y aille avant que ça finisse…

  14. j’aurais adoré m’y rendre… alors merci pour ta visite et ton analyse, tes références !!! un superbe article et j’aime cette exposition !!!!

  15. Effectivement, c’est un pavé !!
    ;-)

    Alors, le contraste entre les oeuvres est bien entendu suprenant et plutôt fascinant.
    J’ai un faible pour les fleurs, en fresque et en scuplture. 2D et 3D. ;-)

    “vous donnant à manger à la petite cuillère” : mmh, euh, bof, en fait, un peu ‘je régresse, je deviens un bébé’ sur ce coup-là, non ? Bon, d’accord, cela ne se résume pas à cela. ;-)

    J’aime moins certaines oeuvres, goût personnel, je les trouve peut-être un peu trop… je cherche le qualificatif sans le trouver… ostentatoire ? non…

    Merci pour ce billet instructif, Aizen, qui me donne envie d’en découvrir plus !

  16. Ultra intéressant ! Merci

  17. Vu ! mais j’ai pris plus de plaisir avec l’expo “sciences et curiosités”.

  18. sttourn

    Très belle analyse qui ouvre des horizons sur un auteur
    nippon que je ne connaissais pas merci a toi …c’est une
    belle démonstration de l’art dans toutes ses formes et
    facettes….

  19. Article vraiment très intéressant et très plaisant à lire surtout accompagné de ces belles photos. Je n’ai pas pu me rendre à l’expo et grâce à toi, c’est comme si j’avais pu m’y rendre. Merci!

  20. merci pour cette merveilleuse ballade, tout ce que j’aime, du kawaii, de la couleur, de la culture… J’avoue que tu m’as donné envie d’aller a l’expo!!! J’espère que j’ai pas loupé le coche m’enfin si je ne peux pas m’y rendre, au moins, j’aurai eu l’impression de m’y être baladée par l’intermédiaire de ton article !
    Bises et merciiii

  21. quel bonheur de lire ton article !!!
    Voilà que 800 km se sont envolés en fumée et que je me retrouve parmi les objets de mon désir.
    Merci, merci pour cet article oh combien travaillé, intéressant au possible avec des images pour illustrer et permettre le voyage.

    Je me contenterai de ma mini-maid qui accueille mes amis en toute modestie avec ses dix centimètres, le coeur plus léger d’avoir profité de tes clichés

  22. Coucou !
    Je n’avais pas encore pris le temps de te laisser un commentaire malgré le fait que j’ai lu cet article le jour où tu l’as posté. (Pendant les cours, oui j’avoue… honte à moi… :D )
    D’ailleurs je voulais te remercier pour ce superbe compte rendu et ce superbe dossier sur l’expo Murakami ! J’en ai vu un lors de la FIAC, ce qui m’avait assez fait rire ! Mais j’aurai vraiment aimé pouvoir me déplacer jusque Versailles, mais ce ne sera malheureusement pas le cas, donc ça fait vraiment plaisir de te lire et de vous toutes ces photographies ! Merci donc ! ^^
    Xoxo.

  23. Je trouve ça incroyable comme expo à Versailles !!! Excellent ! ce pur contraste entre l’enfantin japonais, joyeux exubérant et le traditionnel de la vieille France !!! j’adore ! totalement improbable !
    bises !

  24. @Indian Isa : C’est exactement la réflexion qu’on a eue en allant voir cette expo. Il fallait vraiment oser l’improbable. Avec son concept, Murakami serait l’inventeur du nœud papillon de couleur dans un monde dominé par les cravates noires.

  25. Très bon article en soi mais je vais me permettre de te contredire. J’y suis allé, j’y ai goûté mais pas forcément apprécié.

    Tout d’abord, sache que je n’apprécie pas particulièrement ce que l’on appelle communément «art» contemporain. Il n’a d’art que le nom que certains lui ont donné pour le légitimer.

    Comment se fait-il que Jeff Koons soit l’un des « artistes » les plus chers du monde ? Depuis quelques années le marché de l’art a connu une franche mais illusoire révolution. Autrefois, il fallait posséder une certaine culture et tout ce petit monde était régit par un milieu de connaisseurs (certes parfois trop pompeux mais éclairé). Aujourd’hui, il est devenu domaine de spéculation pour nouveau riche sans grande culture et sans goût !

    L’”art” contemporain, c’est l’art du décalé. C’est comme tout ce que l’on trouve dans notre société moderne, c’est devenu un nouveau standard.
    Rien d’intéressant qui ne soit “décalé” aujourd’hui. Une exposition se doit d’être “décalée” pour attirer le chaland, une œuvre, un livre, un propos qui fait tache dans l’harmonie d’une conversation provoque l’attention et même une personne sera d’autant plus appréciée qu’elle sera “décalée”.

    Au passage, voici quelques synonymes de décalé : affecté, bougé, changé, choquant, déboîté, déplacé, déclassé, délogé, déménagé, démis, dérangé, enlevé, envoyé, excentré, grossier, hors, incongru, inconvenant, incorrect, indécent, indiscret, inopportun, intempestif, interverti, inversé, irrespectueux, irrévérencieux, malvenu, mû, muté.

    Le chemin vers la folie n’est plus un long périple solitaire.

    Koons et Murakami à Versailles, ce n’est que la logique extrême d’une longue plaisanterie de l’esthétique moderniste. La consécration de ce phénomène devait indéniablement passer par Versailles, un des plus hauts symboles du patrimoine national Français.
    Désormais, on y expose Koons, Murakami, on parie sur des « œuvres » très éphémères qui ont le (mauvais) gout de vouloir s’exposer là ou elles ne devraient jamais êtres… Tout comme les graffitis sur les monuments, la version sauvage de ce phénomène de déconstruction de la société.

    Sous le kitsch des petites fleurs roses, la perte de toutes les vraies valeurs.

    Heureusement, ce n’est qu’une exposition temporaire. Murakami aurait du exposer avec ses semblables à Beaubourg mais il fallait créer l’évènement. Ce n’est qu’un avis.

  26. Aizen

    @SoKeA: C’est vraiment dommage que tu n’aies pu apprécier. J’écoute ton avis, tu as bien sûr le droit de ne pas avoir aimé mais tu généralise en disant que tu “n’aimes pas l’art contemporain”. Ce qui me fait penser que tu ne connais peut-être pas bien toutes les passionnantes découvertes que l’on peut faire dans ce genre. Mais je pense aussi, que tu t’inscris un petit peu dans le courant des gens qui sont un peu blasé, et qui, à force d’intellectualisation du “jugement” et des soit-disant “vraies valeurs” (vraies dans quel sens? des valeurs formatées?), ne parvient plus à voir les choses dans sa forme la plus pure.

    Sincèrement, comme je l’ai dit dans mon article, si j’avais été une enfant et que j’avais vu cette exposition avec un regard totalement innocent, je suis sûre à 100% que cela m’aurait plu, parce que justement son art est accessible et humain. Les oeuvres de Murakami expriment un sentiment de joie, véhicule une forme de rêve, par ses formes, ses couleurs et ses motifs.

    L’art contemporain, c’est l’expression créative des artistes qui partagent le même espace temps, et une culture socio-politico-économico-historique que nous, en vivant la même actualité. L’art contemporain ce n’est pas forcément l’art du décalé.
    Pourquoi déjà vouloir mettre une étiquette à ce genre qui ne demande qu’à être libre?

    En quoi cet art se doit-il d’être décalé? L’art existe simplement sous la forme qu’on lui a donné. Mais il n’y a absolument aucune obligation de se sentir décalé pour appartenir à notre temps. C’est notre époque, et le présent qui inspire souvent les artistes d’art contemporain. De plus, un art est ce qui est engendré par l’inspiration, ce qui demande de la technique, du labeur pour sa mise en forme, ainsi qu’un esprit créatif pour conceptualiser son existence.

    Une oeuvre n’a guère besoin de quiconque pour être légitimée. Sa seule présence, son existence et le temps passé pour la réaliser légitime déjà son statut.

    Pour ma part, le “marché” de l’Art m’importe peu, et son prix n’est pas une référence fiable, car elle est soumise à une spéculation. L’argent donne un prix, mais ce n’est pas l’argent qui donne de la valeur aux choses. Car il y a des choses qui ont une grande valeur sans pour autant pouvoir s’acheter. L’argent n’est pas une fin ni même un bien en soi, il n’est là que pour permettre d’échanger contre un bien matériel ayant un prix estimable.
    Personnellement, pour décrire et analyser un art, une exposition, je me base sur des choses concrètes, palpable et sensible, c’est à dire sur les références (historique, culturelle) que la vision d’une oeuvre peut m’évoquer, sur la technique, la minutie des détails et des matériaux utilisés, sur l’impact que sa vision peut avoir sur ma propre conscience et inspiration, mesurer son influence dans l’instant présent.

    Je n’aime pas non plus penser que l’art en général (dont l’art contemporain fait parti) ne puisse pas être accessible au plus grand nombre. Quel intérêt de garder un Art, confiné à quelques spécialistes et connaisseurs (pompeux ou non), quand celui ci se veut être une expression esthétique et universelle? Tout le monde, à tout âge a le droit d’avoir accès à l’art, et ne pas comprendre toutes les références n’empêchent pas de s’en émouvoir, ni de sentir une attirance. Il faut bien commencer un jour à apprécier. Je pense notamment aux plus jeunes qui découvrent le domaine de la création avec beaucoup de naïveté et de fraîcheur.
    Il faut déjà commencer à comprendre un peu, avec ouverture d’esprit, pour vraiment aimer.

    J’essaie donc tant bien que mal et avec humilité, en tant que blogueuse, de transmettre un point de vu, pour partager avec une certaine passion, quelques références non exhaustives, qui permettrons peut-être à des personnes qui n’étaient pas à la base intéressé par l’exposition, ni connaisseurs de l’artiste, de trouver une autre façon de le découvrir.

    De plus, le lieu est évocateur ici, j’ai bien expliqué pourquoi il était intéressant de faire revivre Versailles: quand un art est tombé dans le domaine public, en tant que patrimoine culturel et classique, il perd en quelque sorte, de cette insolence, inaccessibilité, du désir ou de la colère qu’elle a pu représenter aux yeux du peuple français durant les siècles passés.

    Peut-être suggères-tu au nom du bon goût de faire subir la guillotine à notre cher Murakami, sous peine d’avoir sali Versailles, de son kitsch contemporain?

  27. Comme j’adore te contredire ma petite Aizen, je vais continuer…

    Je me trompe surement mais dans l’… moderne et l’… contemporain, j’ai l’impression qu’on a abandonné toute notion de beauté, d’harmonie. Considères-tu la télévision comme art ? Et pourtant on l’a célèbre ainsi. Et le cinéma en général ?
    Ce sont juste des fourres-tout.
    C’est juste devenu la production de quelque chose de nouveau avec lequel une époque et un groupe s’identifie.

    Cependant, il n’y a que les idiots qui ne reconnaissent pas leurs tords. Je suis ouvert à toute reconsidération mais je n’en ai pas eu jusqu’à présent sur ce sujet. Je ne suis pas omniscient, et peut-être m’aideras-tu à y voir la lumière.

    Cite-moi une “oeuvre” d’”art” contemporaine qui ne soit pas installé dans un lieu historique pour accentuer un contraste, le décalage entre elle-même et son contexte d’exposition. Pourquoi en tant qu’œuvre d’art à part entière aurait-t-elle besoin de cela pour être apprécié ?

    Je n’ai aucune critique envers l’objet en lui-même parce que c’est une histoire de goût. En ce qui concerne Murakami, excepté peut-être la maid à l’entrée qui ne ressemble pour moi à rien, la collection d’objet de Murakami est plaisante à regarder et je respecte le travail de l’homme. D’un coté, est-ce que n’importe quel goodies japonais n’aurait-il pas pu revendiquer une place dans cette exposition ?

    Je n’aime pas ces objets car ils n’essaient pas de trouver leur propre environnement, de créer une harmonie autour d’eux. Ces choses ont besoin de s’approprier un lieu et essayer de s’en démarquer pour mieux s’afficher. Aujourd’hui, pas moyen de voir une exposition de Courbet sans échapper à des photos d’un pubis velu pour vous rappeler que les femmes n’étaient pas rasées à l’époque. Pas moyen non plus de se reposer devant des retables du XVe siècle sans se faire arracher sa chemise toute neuve par les cornes d’un pseudo-dragon signé Jan Fabre.

    Osera-t-on un jour, accrocher un porte clef Hello Kitty sur le plafond de la Chapelle Sixtine ?

    Et si je te dis que pour certains, grapher sur des monuments historique est considéré comme de l’art, accorderas-tu du crédit à cette hérésie ?

    L’art contemporain ne respecte rien. C’est mon plus grand reproche.

  28. Aizen

    @SoKeA: Mais moi j’apprécie que tu me donnes ton avis, que tu viennes commenter, car tu argumentes, tu le fais avec énergie. Je suis prête évidemment, à écouter ton point du vu, même si celui ci me contredit, cela va de soi. Un blog est un espace libre, où chacun a le droit de s’exprimer tant qu’il le fait avec politesse. Tu le fais évidemment avec respect, et je trouve cela constructif.

    Je peux justement te citer une oeuvre éphémère (installation) d’art contemporain et une exposition qui a justement eu lieu il y a peu, et qui m’a émue, marquée, par sa beauté et sa générosité: celle de Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger au Centre culturel suisse à Paris.

    L’exposition n’avait absolument pas vocation à développer des polémiques ni même à vendre à un prix exhorbitant, ni même à concurrencer un lieu historique. Au contraire, seule la beauté de l’instant et son intéressante thématique, a primé pour cette oeuvre, qui se trouvait humblement dans un centre culturel (ayant pour seul but de promouvoir l’art suisse ) et j’en garde encore une intense émotion!…
    Justement les artistes Steiner & Lenzlinger sont des gens généreux, simples, cultivés, voyageurs, à milles lieux des artistes stars bling bling, qui ne pensent qu’à rentabiliser le fruit de leur travail. Ils donnent beaucoup d’eux-même et permettent par leur approche, de découvrir une autre facette de l’art contemporain. Pour eux, s’inscrire dans le genre “art contemporain” n’a aucune importance. Il me semble qu’ils ont simplement choisi de s’exprimer en créant des installations éphémères, comme ils auraient pu le faire avec n’importe quel autre support, s’ils s’en étaient senti la sensibilité de le faire.

    L’article est ici, si cela t’intéresse: “Comment rester fertile” de Gerda steiner & Jörg Lenzlinger

    Par contre, je ne peux accepter que tu dises que “l’art contemporain ne respecte rien”, car nous ne pouvons tenir ce genre de propos pour en faire une généralité. Ce serait bien trop facile et gratuit. L’art contemporain est vaste, et les oeuvres innombrables. Les artistes sont tous très différents dans leurs façons de travailler ainsi que dans leur approche de l’art en général.

    Pour moi, il y a une différence entre l’oeuvre d’art qui se suffit à elle-même par sa présence/ charisme/ existence et celle de l’objet design (qui est aussi une forme d’art) mais qui n’a pas la même fonction: des goodies hellokitty, rilakkuma, ou autres, ont pour vocation première d’être des objects de la vie courante, qui ont revêtu l’aura du kawaii pour que son utilisation puisse amener plus de (ré)confort alors qu’une oeuvre d’art n’apporte en soi, que de la contemplation est se trouve dans une démarche totalement gratuite, au travers de la sublimation.

    En cela, les personnalités qui travaillent les visuels chez sanrio par exemple, sont eux même des artistes d’art graphique. L’art graphique, le grafitti, l’art numérique (vidéo, installation interactive, Vjying, etc) font aussi partie des disciplines artistiques contemporaines à part entière.

    Après j’admet, il n’est pas correct d’aller faire des graffitis sur les murs d’une église ou sur les remparts d’un château médiéval! Mais le graffiti n’est pas critiquable pour autant, dans la mesure où il existe des artistes qui sont invités à venir tagger des murs vierges, et à réaliser des performances artistiques. Je pense que la problématique ne vient pas du fait de cet art en lui même mais de la légalité de l’acte et du support sur lequel il s’inscrit : nos murs. D’ailleurs, j’ai pu voir l’année dernière dans la rue, sur des grands panneaux devant la gare d’Amsterdam, quelques oeuvres graphiques de Shepard Fairey, qui embellissaient considérablement le paysage urbain. L’art urbain n’est donc pas forcément une “hérésie”.

  29. Je n’aime pas forcément les tomates en elle-même mais bien assaisonnés et préparées, je goûte volontiers.

    J’aime beaucoup tes envolées dithyrambique sur l’…moderne ou contemporain mais là n’est pas la question. Je n’ai rien fondamentalement contre cette forme d’expression artistique.

    Au départ, j’arguais du fait que ce genre d’expo n’avais pas lieu d’être à Versailles.
    Pourquoi ne pas simplement exposer à Beaubourg ?
    Parce qu’il y aurait moins de visites ? Pourquoi chercher à choquer pour se montrer ? N’a-t-on pas assez confiance en son oeuvre pour rester discret et respectueux d’autrui ? Pourquoi dénaturer un monument comme Versailles ? Bientôt une aile du Louvre consacré aux congélateurs affublés de parapluie ?

    Je suis peut-être trop académique mais à mon sens c’est comme porter un costume avec des chaussures de sport. C’est décalé, c’est moderne et tout ce que tu veux mais ça n’a pas lieu d’être.

  30. Aizen

    @SoKeA: Ah…l’académisme…! Mais si on n’expérimente jamais de choses nouvelles, on ne changera jamais rien et je préfère parfois être perplexe plutôt que de mourir d’ennuie à me passer en boucle les codes du bienséants clacissisme. J’aime l’art, le préhistorique, l’antique, le médiéval, le classique, le moderne, le contemporain! Qui a dit qu’il ne fallait pas gribouiller sur les murs? Les peintures rupestres sont des hérésies!! aaaaarg! Les premiers hommes étaient des sauvages! Et vois-tu, apparemment cela n’a pas changé. lol XD
    Personnellement ça ne m’a pas choquée du tout, à moi: Versailles et Murakami. D’ailleurs, tu parles d’harmonie, eh bien il y en avait! Notamment lorsque le soleil couchant et ses doux rayons se sont reflétés sur la dorure de la statue du géantissime oval bouddha! C’était un instant magique…^^
    Je suis cruelle n’est ce pas? Je te fais manger de la tomate…hihihi…merci d’avoir l’amabilité d’y goûter. T’es mignon!

  31. J’aurai tellement voulu monter à Paris pour voir cette expo, voir le mélange entre le Japon moderne, et le vieux Français …

  32. Coucou,

    Merci de ne pas tenir compte de mon post précédent. Je me suis emmêler les doigts sur le clavier !

    Je viens de lire ton article avec beaucoup de plaisir. C’est une belle analyse de cette fabuleuse exposition. Et, à la lecture, je retrouve la joie innocente et la bonne humeur que j’ai éprouvée lors de ma journée ensoleillé à Versailles.

    D’ailleurs, si Murakami n’avait pas coloré de son art ce haut lieu de l’histoire de France, je n’y aurai probablement jamais mis les pieds ! Je suis assez hermétique aux arts classiques malgré mes efforts répétés.
    Marier classique et contemporain dans ce château conçu pour accueillir les plaisirs et la culture innovente était intelligent. Un retour à la signification première de Versailles, un bel hommage. Je suis aussi d’avis que Louis XIV aurait adoré :)

  33. Aizen

    @Marianne: Oh, alors il y avait un petit “kaeru” à Versailles pour contempler son cousin, le kappa doré alors! Quelle belle initiative. Merci pour ton commentaire frais et passionné!

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