9 Dec

2010

Rester fertile? – Exposition Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger

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steiner-lenzlinger-stalactite rose

 

“Comment rester fertile”?…

Cette question existentielle tourne en boucle dans mon cerveau depuis que je suis allée m’évader à l’exposition de Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger.

Non cela ne se passe pas dans la quatrième dimension mais bien au CCS (centre culturel suisse) à Paris. Mes pieds touchaient terre, et pourtant, j’étais, je le confirme, dans la quatrième dimension!…

Introduction à l’exposition:

Cela fait plusieurs semaines, que je couve ce post dans mes dossiers ”à poster”. Alors que je brûlais de vous parler du sujet, je ne parvenais à écrire un seul mot. Il fallait que cela cogite, je devais attendre que la graine qui, ce jour là, avait été plantée dans mon cerveau, puisse germer.

Il y a d’autres questions que je me pose aussi: comment me suis-je retrouvée submergée jusqu’à perdre toute notion du temps (pendant près de 4h) dans un espace si limité? (le CCS n’étant pas non plus très grand) Je n’ai pas vu d’ovni, je n’ai pas non plus été enlevée par des extra-terrestres, et pourtant, figurez-vous qu’en sortant du CCS j’avais la tête de quelqu’un qui avait assisté à son propre kidnapping intergalactique!

flashback: oui, je me souviens…je m’étais enfermée dans un placard rempli de fleurs…il y avait aussi des stalactites de matières organiques roses non-identifiée, qui pendaient au plafond, puis, après, je me suis vue, allongée dans un cocon moelleux…

Des nourritures terrestres

La première chose que l’on aperçoit en passant la porte de l’expo, c’est un banquet festif et multicolore. Il y a là de la vaisselle qui s’entasse joyeusement près de la fenêtre, à la lumière crue du jour. On retrouve perdu ça et là des objets du quotidien (une télé-commande, un cactus)…cela ressemble au buffet d’une réception ou d’un mariage qui n’aurait jamais été débarrassé. Il n’y a rien de très appétissant à voir: tout semble avoir moisi et pourri, il y a des matières, des textures et des couleurs tout à fait étranges. L’idée de surconsommation et de fertilité gâchée (surproduction) m’a aussi effleurée en contemplant cette installation. J’ai eu l’impression de voir vivement grouiller, une faune et flore dans les assiettes et les verres, suggèrant ainsi une possible activité biologique, nous amenant à considérer nos déchets comme pouvant être éventuellement “fertile”: développement des bactéries, de nouvelles formes de vie

miam miam! Ce qui nous dégoûte peut être de la nourriture pour d’autres. Je pense aux mouches, entre autres, sans lesquelles rien ne pourrait gracieusement se décomposer…

Comme dit Lavoisier “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”

…cette transformation de la matière, fait aussi partie du cycle de la vie.
A défaut de le faire physiquement, ces plats peuvent toujours nourrir l’esprit.


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Au commencement était l’eden

En voyant dans tous les coins de cette exposition, toute cette nature luxuriante, telle une jungle fantastique s’étendant avec vivacité, je n’ai pu m’empêcher de penser au concept d’Eden et de la Génèse.

Je trouve cela intéressant de faire le parallèle entre le questionnement soulevé par  l’exposition et les références bibliques. Car dans ce cas, nous pourrions considérer Adam et Eve comme les tous premiers à avoir pu prétendre à la fertilité.

En consommant le “fruit défendu“, dieu les foudroya par sa colère et ils reçurent comme punition:”la chute“. Ils furent par conséquent chassé de l’Eden, doté de leur libre arbitre, condamné à vivre du fruit de leur travail, et à devenir mortels. Cependant il leur fut permis de continuer à avoir accès à l’éternité par le biais de la transmission, en engendrant la vie. Cela donna naissance à l’humanité. Voilà comment s’ouvrit le bal du cycle sans fin, celui de l’Ouroboros, du processus de la vie, de la naissance et de la mort.

Ainsi, “au commencement” était le verbe, le souffle divin créa l’homme et la femme, et les mots la nature. Si l’on considère la nature comme émanant d’une source divine, alors utiliser la science pour la modifier serai une façon pour les hommes de se rapprocher de dieu, ou de le défier.

Je réfléchis ici, à la symbolique religieuse comme dimension spirituelle, comme ouverture, et comme inspiration tendant vers le sacré de cette thématique: la fertilité. Je suis persuadée que les artistes, ici, ont pris la peine de semer des éléments pouvant nous mener à cette piste, malgré le fait qu’ils n’aient absolument rien spécifié pouvant aider à la compréhension de leur oeuvre.

Je pense que Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger ont préféré laisser aux visiteurs la liberté d’interprétation, pour leur permettre une plus vaste possibilité de compréhension, avoir une analyse et une approche plus personnelle.


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L’anti-chambre de l’espoir, le rapport à la science:

A l’étage, au CCS, nous pouvions voir, deux vidéos installées de part et d’autre de la pièce principale de l’exposition, dans lesquelles nous pouvions suivre deux récits différents et deux démarches radicalement opposées.

La femme interviewée racontait passionnément et presque à bout de force, le programme médical suivi, dans le but de rester fertile. Cette femme avait atteint l’âge de la ménopause mais elle refusait d’abandonner l’idée d’avoir un enfant. Nous pouvions donc, par le biais de cette vidéo, être témoin de son éprouvante démarche: elle semblait désespérée, angoissée et à la fois animée par un espoir incommensurable. Elle avait, dans l’unique but de procréer, misé tout ce qu’elle pouvait sur l’insémination artificielle.

Son quotidien rimait donc avec prise d’hormones, de médicaments variés, de séjours à l’hôpital, de tests à répétition, de procédures, de prises de sangs…Elle regrettait l’absence de prise en charge psychologique pour l’épauler dans un moment si rude. Un univers médical froid, impersonnel et glacial lui tendait les bras, un monde dans lequel il était possible de voir ses propres cellules fécondées sur écran géant. Puis, selon les résultats, assister à un moment de joie intense, ou à un cuisant échec: Que l’un ou l’autre l’emporte il fallait payer le prix d’une expérience hors-norme (d’un point de vu financier, éthique, mental), et cela, sans  aucune garantie de réussite.

De l’autre côté, une autre vidéo montrait un homme qui se disait enfin libre et rassuré d’avoir subi la vasectomie. Il n’avait jamais voulu avoir d’enfants. Il s’était donc, par lui même infligé une opération médicale pour se rendre stérile. Il avait choisi de le faire à titre personnel, car il savait l’opération rapide, relativement aisée, et comportant peu de risques pour sa santé. Contrairement à la vasectomie, la contraception permanente chez son épouse par ligature des trompes se serait avérée être une opération plus complexe. Il s’était donc sacrifié par amour et s’était fait opéré à sa place.

Les deux récits, mis côte à côte, donnent le vertige et nous amènent à comprendre, combien la nature est inflexible vis à vis de certains, pendant que d’autres pensent l’avoir assujetie. Le visionnage de ces vidéos m’ont rendue quelque peu mélancolique. Je n’ai pu m’empêcher de ressentir de la douleur ou de la souffrance, par empathie. Cela m’a de surcroit fait réfléchir à notre condition humaine, à l’horloge biologique, tout comme à d’autres sujets liés comme l’IVG, le business des banques de spermes ou d’ovules, aux mères porteuses, à l’adoption, à l’eugénisme

Je me suis alors de nouveau vue dans le scénario d’Aldous Huxley.
“Le meilleur des mondes”, celui qui tend vers “la perfection” ne peut-il être autre chose qu’artificiel?

Pourquoi la nature devrait-elle être considérée comme imparfaite?
Pourquoi considérons nous certaines de nos qualités ou caractéristiques, comme des défauts, voire des erreurs de la nature, alors qu’elles sont par essence?
Qui a le droit le sous-estimer l’existence d’une vie, d’un être, sa forme, ou sa condition?


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steiner-lenzlinger-sculpture-concombre-aiguille

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Une balade dans notre inconscient: entre rêve et cauchemar

Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger ont l’habitude d’investir des espaces différents et d’adapter leurs travaux en fonction des lieux d’accueil de leurs installations éphémères. Aborder l’architecture du lieu me semblait important pour comprendre le processus de création et de la transformation du CCS. Le centre culturel suisse est un lieu convivial sur deux étages, qui compte en plus, une petite pièce à part.

Au cours de ma visite, je me suis rendue compte du caractère hautement immersif de l’exposition. Dès que l’on monte les escaliers, il y a une cabane, par laquelle il faut passer pour continuer l’exploration.

Une douce et chaleureuse lumière rouge éclaire l’environnement. L’intérieur ressemble à un grenier où sont entreposés des objets qui nous semblent familiers (jouets, outils de jardinages, bibelots…) Les murs sont en bois, et là encore, on peut y voir pousser des fleurs et des végétaux, comme si le lieu en lui même était contaminé par une force de vie et une fertilité fantasmagorique.

Ce vestibule fait donc office de transition avec le rez de chaussée, où la réalité prédomine encore. Les traces de surréalisme dispatchés au fur et à mesure nous permettent de nous enfoncer dans des strates avancées d’un monde onirique.

Une fois parvenu à la grande salle (la partie principale de l’exposition), nous sommes à première vue, ébloui et émerveillé par la beauté et la poésie d’un univers enchanté. Mais c’est en regardant de plus près que nous pouvons, avec effroi, déceler des éléments beaucoup moins attrayants.

J’ai ressenti un malaise, en passant à côté d’un rideau de cheveux suspendu. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai fait un parallèle avec les films d’horreur japonais (Ring, the grudge…), mais j’ai été horrifiée par la présence de ces cheveux noirs, mais aussi de certaines autres matières qui semblaient être organiques, tout en n’appartenant plus à un ensemble corporel…

De plus, on retrouve, posé sur une table, du matériel médical usé (tubes à essai, seringues, pilules, bonnet hygiénique, aiguilles, matériel de perfusion, tuyaux…) :

on se croirait dans le laboratoire d’expérimentation d’un savant fou!…

Tout cela est source d’inquiétude et d’angoisse. Je l’ai moi même sentie monter de façon incontrôlée. Ce matériel médical détourné de leurs fonctions d’origine, se retrouve soudainement en dehors du contexte hospitalier. C’est ce qui m’a fait me rendre compte, combien tous ses codes utilisés normalement dans le domaine de la santé sont imprégnés dans l’inconscient collectif comme étant rassurant, alors que là, ils ne le sont clairement pas…

“Fais confiance à ton corps, mais ne fais pas confiance à la science. Pas aveuglément en tout cas”…c’est ce que mon instinct m’a dit.

D’ailleurs, dans la pénombre, tourne un disque rayé…comme pour nous rappeler que c’est toujours le même morceau qui tourne en boucle dans notre tête. Il y a par dessus, des champignons (hallucinogènes?)…

Mais où suis-je?
Sommes-nous des cobayes?…

Vais-je me réveiller pour vivre ce cauchemar ou m’endormir pour vivre dans un rêve?

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Une nature métaphorique / Une réalité mirroir

Nous arrivons enfin à la pièce principale, où semble trôner “l’arbre de vie“.

Il s’agit d’une installation suspendue d’oeuvre-objets mêlant jeu de miroir, projection kaleidoscopique de motifs et de lumières, sur les murs et le plafond. Le rendu est juste onirique, fabuleux.

Il y a un lit blanc duveteux comme un cocon, de forme ronde au milieu de la pièce, qui nous invite à nous allonger pour mieux contempler cet incroyable espace. Je n’étais plus au CCS, je n’étais plus à une expo, j’étais dans une autre dimension, un monde parallèle, bien qu’éphémère…

En me laissant bercer par l’atmosphère paisiblement bleutée, j’ai oublié tout le superflux qui m’animait jusqu’alors: le reste du monde et le temps! Plus rien ne m’importait à ce moment là.

Un poisson volait dans les airs, des tétards nageaient dans une eau verte au plafond, une méduse dansait gracieusement, une feuille de nénuphar tournoyait lentement, tandis que la lumière balayait l’horizon et emplissait mes yeux émerveillés…

Cette nature m’est apparue comme un haiku, telle une vision, une illusion, le songe d’un instant. Mais elle n’était, au final pas plus torturée, ni cruelle que sa véritable source: la véritable nature est tout aussi belle et renferme sûrement des secrets qui n’ont encore jamais été révélés.

Inspiration…expiration…je sens mon coeur battre.

Il y a là tout un décors, métaphore inanimée. Je me rend alors compte à quel point nous, visiteurs, sommes au centre du sujet. Parce que nous apportons au lieu, en nous déplaçant, notre corps, cet élément vivant, cette force de vie.

Mon esprit est fertile, mon corps l’est aussi.

L’important était-ce vraiment de savoir comment le rester?
Ou plutôt d’avoir conscience de cette chance,  d’utiliser et respecter ce pouvoir de création avec Amour et respect, de le préserver comme un trésor…

…jusqu’au jour où…

 

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steiner-lenzlinger-sculpture-tubes

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steiner-lenzlinger-rester-fertile-installation

steiner-lenzlinger-rester-fertile-installation

 

Conclusion

J’aime l’art contemporain, lorsqu’il s’inscrit dans une réflexion puisée dans l’air du temps et des préoccupations actuelles, ou lorsqu’il tend à une analyse, à une critique de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui. J’aime son humanité et sa proximité.

Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger sont deux artistes de la scène suisse au talent hors-norme. Ils ont une approche exceptionnelle de l’esthétisme, et ont appris à aller à l’essentiel: sensations, volupté, présence de la matière en apesanteur. Leur travaux me touchent.

Pour être parfaitement honnête, c’est plus que cela, car je dois avouer que cette thématique m’a totalement troublée. Au point d’en avoir la plume sèche pendant longtemps. Maintenant, sa source a été libérée; elle coule à flot…

Lorsque j’y repense, je me sens encore traversée par toutes sortes d’émotions intenses.

L’instinct de (sur)vie, est-il plus déterminé qu’une conscience collective poussant à être raisonnable? L’envie de laisser une empreinte et de transmettre est-elle plus forte que la raison, en dépit des problèmes de surpopulation?

Envisager ma propre fertilité, prendre en compte ma capacité à donner la vie, ce désir d’avoir une descendance, de concevoir la maternité en tant que processus de création, vivre une métamorphose à la fois physique et spirituelle en tant que femme, appréhender différemment ma propre féminité, m’accomplir dans le rôle de mère…

J’en ai envie, j’aimerais de tout coeur que cela puisse m’arriver un jour…et ce désir existe en moi, vit et s’exprime comme un instinct, très fort: il s’appelle Amour Universel. Pourtant, je n’ai pas encore d’enfant, je ne me sens pas encore tout à fait prête, mais ce sentiments est bien présent et je le sens grandir avec le temps.

En attendant, mon Amour universel, je le donne à mon blog, à mon pays natal, à ma famille, à tout ceux qui me sont chers, au monde, à l’univers…
Et à vous mes chers lecteurs.

Merci infiniment de m’avoir lue jusqu’au bout.

Je souhaite beaucoup de fertilité créative à Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger, qu’ils puissent continuer encore longtemps, à embellir ce monde.

 

steiner-lenzlinger-rester-fertile-installation

steiner-lenzlinger-rester-fertile-installation

 

Vocabulaire japonais du jour:

La 4ème dimension: Ijigen
L’art contemporain: Gendai Bijutsu
La grossesse: Ninshin
Fécond (avoir de nombreux enfants): Tasan
Le taux de fertilité: Shusshôritsu
La procréation: Seishoku
La fertilité (capacité humaine de procréer): Seishoku Nôryoku
La fertilité (capacité de la nature [autre qu'humain] de procréer): Hanshoku ryoku
Se multiplier (naître/ de la nature): Hanshoku suru
La fête de la fertilité (au Japon): Hônen-sai
Quelque chose de beau: Utsukushii koto


PS: Il vous reste quelques jours avant que ce rêve ne se dissipe. Irez-vous?

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"Rester fertile? – Exposition Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger"

  1. J’avais déjà bien envie de voir cette expo, j’en ai encore plus envie après la lecture de ton article mais je ne pense pas avoir le temps d’y aller………………

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by leonicat, Aizen Kaguya. Aizen Kaguya said: My new post : Rester fertile? – Exposition Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger http://goo.gl/fb/fyWri [...]

  3. Vu ! et j’ai vraiment apprécié l’immersion.

  4. sttourn

    Super article comme toujour et je suis très heureux que tu

    ne te soit pas fais enlevée …

  5. Aizen

    @Celine in paris: Je sais, “en tant normal” ce n’est que le temps qui manque. Ce week end peut-être? ^^

    @Heidi: Bravo! En voilà une qui l’a vécu, cette immersion. Ravie de te l’entendre dire. :D

    @Sttourn: Je suis revenue saine et sauve du kidnapping intergalactique… ;-)

  6. Cette expo m’avait laissé sans voix. C’est dans une quasi obscurité que l’on déambule au milieu de tous ces mobiles de matières inertes. Obscurité certes, mais pas silence : Il règne en permanence une ambiance sonore de forêt tropicale bruissante. J’ai osé toucher certains de ces mobiles. L’un d’eux, couvert de fourrure, m’a laissé l’impression de caresser quelque animal… mort.
    Car c’est toute la contradiction de cette exposition : De la mort naît la vie, de la stérilité naît la fertilité, du déchet naît l’art.
    Grand merci pour ce billet hime, il a fait remonter des souvenirs enfouis au milieu des brumes du temps, m’obligeant à replonger dans mes propres photos.
    J’aime par dessus tout ta conclusion, très personnelle, où tu nous dévoiles joliment les sources de ton énergie.
    Puisse tes écureuils prospérer toujours, croître et se multiplier ;)

  7. Moi ce qui me fascine , c’est la minutie de chaque coloris , matière, ambiance …Un tout muet …mais un tout qui parle …Et quand c’est toi qui en parle , c’est encore mieux …

  8. Je trouve ton billet extrèmement précis et plein d’implication personnelle. Merci pour cette analyse qui nous transporte dans l’expo comme si on y était. Tu as su nous faire partager chaque émotion, l’ambiance et vraiment bravo à toi !

  9. Aizen

    @Azash: Tu parviens toujours à trouver les mots justes, tu es un fin observateur et dans une expo tu chasses les détails, mister elfe! Merci pour tes encouragement si réguliers et sincères.

  10. Aizen

    @Bebarock: Oh ça me rassure, parce que j’ai tellement parlé que…j’avais peur de vous avoir tous perdu au milieu de la 4ème dimension. ça me fait plaisir de voir ton petit mot. Merci ma belle!

    @Gizeh: Impliquée je suis toujours! Merci pour ton message encourageant. ^^
    Vraiment, ça me rassure que ce billet ait pu être apprécié. Parce que je n’ai jamais eu aussi peu de commentaires que sur ce sujet depuis un bon moment. Je me demandais si c’était le sujet traité qui est trop compliqué, trop long, ou si c’était la thématique qui laissait songeur au point de rendre tous mes lecteurs muets comme des petites carpes. ça m’aurait pourtant intéressé d’avoir l’avis de tout le monde sur ce thème de fertilité. Car c’est une condition à laquelle aucun de nous n’échappe.

  11. Je traduirais le manque de commentaire de cette façon : Que ressentir de positif à voir des cheveux coupés, des bâches plastiques brûlées ou découpées, des tuyaux glougloutant serpenter, des films où grouillent mouches et fourmis…?
    Cette expo déroute, met mal à l’aise le visiteur en lui faisant constater qu’il n’est qu’une matière organique destinée à en nourrir une autre, plus tard. On est mis face à notre propre mortalité.

    Notre monde actuel, bien que ce soit en train de changer, nous dit tous les jours qu’on restera éternellement jeune en appliquant la crème Machin sur son visage ou qu’on ne fera pas du tout sa cinquantaine (ou qu’on l’assumera mieux) en conduisant la voiture Truc. Même les publicités pour les obsèques sont rassurantes.

    On nage aujourd’hui en plein “Brazil” (le film de Terry Gilliam), un monde ou le beau et l’ordre sont la norme. Les gens qui y sont mal à l’aise, mélancolique ou tout simplement en train de vouloir d’un monde sans OGM ou dans lequel on aurait le droit de vivre dans une yourte sont suspectés d’être d’odieux rêveurs et constamment traités de passéistes ou de conservateurs (en opposition avec les industriels qui, eux, sont des gens qui aiment et forgent le progrès de l’industrie, donc de l’humanité).

    Nous n’aimons pas nous réveiller pour constater que la vie est parfois moche, même si on sait au fond de nous que cette “laideur” (ordure putréfiées, cadavres, végétaux en décomposition) est nécessaire et fait parti intégrante de la vie… D’où, à mon avis, un désintérêt poli de la part des lecteurs.

    Voilà ce que j’aime dans ce blog : Tes publications ne sont PAS formatées pour des esprits simples et sans ouverture. Elles nous plongent sans cesse au fond des choses et nous obligent à reconsidérer notre monde sous d’autres angles de vue.

    Notre monde est différent quand on le regarde à travers une loupe, un kaléidoscope ou un masque à gaz mais tes écureuils sont partout; et ils ont le nez fin ;)

  12. Aizen

    @Azash: ce que tu dis est vrai, mais pour ma part, ce n’est pas la mort, l’inertie, ni même l’angoisse que j’ai retenu au fond dans cette expo, même si toutes ces choses étaient belles et bien présentes. Pour moi, c’est la force de vie, qui trône au dessus de tout. Je m’en fiche de mourir un jour, mais je ne mourrai pas avant d’avoir crée ce qui m’est le plus cher au monde. Je veux voir le résultat cristallisé de mon amour universel avoir sa propre conscience, marcher, parler, se mouvoir, et prendre en main sa propre vie. Et même cela ne m’appartiendra jamais, rien ne nous appartient mis à part notre propre corps et conscience. Mais “posséder” n’est pas la chose la plus importante. Ce qui est déterminant c’est d’influer sur le monde de quelque façon que ce soit pour y laisser son empreinte. Et pour ma part, toujours en harmonie avec la nature. Je le souhaite.

    Il ya une citation d’André Gide qui résonne comme un écho, et qui résume très bien ce que je pense:
    “Et si notre âme a valu quelque chose, c’est qu’elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.”

  13. je l’avais bien dit que je reviendrais…
    Je n’avais pas prévu que ton article me pousserait, m’envahirait comme l’atmosphère de ce lieu délétère et si complexe où tu as “pausé” quelques temps ton être.
    L’onirisme est le message de l’esprit pour ouvrir certaines portes, apparemment les clés étaient les bonnes pour toi.
    Et moi derrière mon écran je profite, j’ingurgite et je ressuscite dans l’exploration

  14. Je te remercie pour cette magnifique envolée lyrique dans un autre espace temps. J’aurai vraiment aimé aller voir cette exposition, et c’est d’ailleurs dommage que je ne puisse pas me déplacer tel que j’en ai envie, et je te remercie donc pour tout ça, nous parler de cette exposition et de l’expérience que tu en as ressenti, tu me permets en tant qu’étudiante en arts plastiques de voir d’autres choses.
    Tu es parvenue à m’emmener dans une autre dimension, et c’était un peu un voyage magique. Je pense que découvrir les exposition, et cette exposition à travers tes yeux donne un petit quelque chose en plus. Je ne saurai dire quoi exactement, mais le fait est que c’est là.

    Je me pose beaucoup de questions maintenant, c’est assez étrange. Merci en tout cas ! ^^

  15. En voilà une subtile et touchante analyse d’expo! Tu devrais l’envoyer aux artistes, ou au CCS. A leur place ça m’intéresserai vraiment d’avoir un point de vue personnel et aussi poussé d’un spectateur.

  16. Aizen

    @Lunefantasy: Tu as tout compris: il faut les bonnes clés pour ouvrir la porte correspondante à celle de l’inspiration ou du rêve. En même temps, tu es une littéraire, alors tu sais ce que c’est.

    @June: C’est avec plaisir. Je suis heureuse quand tu me dis que tu te pose beaucoup de questions. C’est que la graine a aussi été plantée chez toi alors. ^^

    @Tamagochan: Grâce à toi, c’est fait, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai cliqué sur “envoyer”. Bises!

  17. J’ai enfin pris le temps de me poser et de te lire. Laisse moi te dire une chose: tu es passionnante.
    C’est typiquement le genre d’expo, d’art qui ne m’attire pas et qui m’ennuie. Mais en te lisant j’en comprends toutes les subtilités et les choses m’apparaissent plus clairement, comme si tu arrivais à me transmettre ta passion. Ça me donne envie de m’ouvrir un peu plus à cette forme d’art.
    Sinon pour le thème de la fertilité il rejoint pour moi immédiatement le thème de la mortalité.
    Peut être car j’arrive à cet âge où la pression monte d’un cran, où je peux entendre le tic tac même si j’ai envie de me boucher les oreilles. Je ne supporte pas la pression exercée sur les jeunes femmes qui sont en couple, comme si, si elles décidaient de ne pas avoir d’enfants ou qu’elles ne pouvaient pas en avoir, elles mourraient socialement aux yeux de tous.

  18. triskell quadrupède

    Je réagis au commentaire de Fanny en mettant ici celui que je n’avais pas osé mettre la dernière fois, en réponse à ton petit mot, suite à mon détournement de l’adage sur Venise ;) (wouaaah ! quelle phrase je viens d’écrire ! amateurs de Proust, bonjour!)
    Le voici donc:
    “Les êtres passionés sont forcément passionnants ^^
    A moins d’être un être totalement hermétique, La passion en général se transmet, telle une maladie contagieuse, ou tel un flambeau dont on prend le relais avec honneur.”

    Chère Aizen, (me permets-tu, encore une fois, de t’interpeller ainsi ?) comment fais-tu donc pour exprimer si clairement ce que j’ai tant de mal à expliquer (verbalement) autour de moi, à transmettre justement ?

    Peux-tu seulement imaginer ce que ça me fait de trouver enfin une âme qui, par sa vie et ses reflexions, non seulement me prouve que je ne suis pas un cas à part sur cette terre (qui me désabuse si souvent que j’en deviens mysanthrope à mes heures), mais également me démontre que l’influence que nous avons sur les autres n’est pas imaginaire ni vaine ?

    Je ne suis rien pour toi, je le sais, mais Tu es devenue pour moi, Aizen, une compagnonne de route dans ma vie depuis le tout premier article que j’ai pu lire de toi.

    Non pas un guide ni un exemple à suivre, puisque nos chemins spirituels sont si homozygotes finalement(je le crois réellement) que je te suivais déjà avant même de te rencontrer ^^ (virtuellement, bien sur).
    Je parle bien ici d’une compagnonne (ça se dit ce mot?) de route, que je suis de loin, prenant des nouvelles de tes étapes, de tes traversées, de tes parcours touristico-métaphysiques ;)

    Je crois à présent que tu commences à comprendre pourquoi je n’osais te “parler” depuis tout ce temps, car comme tu peux le constater, une fois que le truc est lancé, on ne m’arrête plus ^^ (lol)

    Alors avant d’aller retourner dans mon anonymat si paisible (quoique ce ne soit pas si simple tous les jours, pardi! ^^_^^), je tiens à souligner ici certains de tes mots en guise de total accord avec ta définition/vision de ce qu’ils signifient pour toi __ce sera plus rapide__ :

    Amour Universel / (concevoir)la maternité / descendance / (voir) le processus de création / cristalliser / posséder(n’a pas d’importance)/ rien ne nous appartient / la force de vie par dessous tout / l’arbre de vie , etc … (En fait, au final, j’ai envie de souligner tous les mots de l’article et de tes commentaires !! ^^)

    Passe moi l’expression, mais franchement, quel article que celui que tu nous as pondu là !
    Il est complet, parfait, SPLENDIDE en tout points. Je crois même que c’est Mon article préféré !

    Dis moi,maintenant … je sais que j’apparais tel un Ovni dans ton Blog, sans prévenir ni rien, mais je me demande (et te demande aussi)soudain: et si l’Alpha et l’Oméga se rejoignaient ? … et si nous étions à la fois à la fin et au commencement des temps ?

    A comme Aizen, O comme Ovni ^^
    Alors Au commencement était …Aizen ? le verbe d’Aizen ? …allons savoir! ;)

    Tu es bel et bien à l’Origine de tant de Belles choses, n’en doute pas.

    Je m’eclipse donc de ton blog comme en y entrant, sur cette phrase que tu m’as inspirée si profondément:

    “Certains clameront Voir Venise et mourir, quand je pense désormais: Lire Aizen et revivre; Initials BB en tête”

    Tu es un si Bel être! Tu es un être Sibô ;)
    Je T’Aime Aizen <3

  19. triskell quadrupède

    correction :
    “D’aucuns clameront: Voir Venise et mourir !, quand je pense désormais: Lire Aizen et revivre; Initials BB en tête.”

  20. triskell quadrupède

    (petit détail sans importance: il y avait un clin d’oeil après Sibô, mais curieusement il n’apparait pas.)

  21. triskell quadrupède

    (Je n’aurai surement pas dû te dire tout ça. Comme on dit, ça fait du bien de se lâcher, mais parfois on le regrette après coup. Alors tant pis si çela t’a gênée, j’avais besoin que ça sorte, et que mes pensées soient connues par leur destinataire.)

    “We are one, but were not the same, we’ve got to carry each other” (U2)

    One Love!

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